La consolation cette semaine, c'est qu'il fait beau. C'est toujours ça de pris. En fait, ça fait même un peu peur : on est 10 degrés au-dessus des normales. Ça va être beau en juillet : je prédis qu'on va se taper un 50 degrés. Oui oui.
J'ai reçu la dernière édition de The Economist (ma belle-mère m'a abonné. C'est vraiment excellent...), celle où ils parlent du "Silent Tsunami", la crise alimentaire mondiale. Ce que je trouve con, c'est que c'est un autre autre cas de mort annoncée, un peu comme la crise des subprimes : c'aurait été pas trop compliqué de voir ça venir...
On veut être vert. Fine. Très bonne nouvelle. On veut réduire nos émissions de CO2 (it's about time). Pour y arriver, on va faire de l'éthanol. Pas fou. Petit problème par contre : on ne distingue pas vraiment le maïs de consommation du maïs cultivé dans le but de faire de l'éthanol. Résultat : le début de crise de l'énergie que l'on connaît -- hausse des prix du pétrole, de l'électricité, du gaz naturel, du mazout, etc. -- se répercute maintenant sur le prix de matière commestibles à l'homme : le maïs, le blé, le riz et tous les autres substituts céréaliers.
Très fort. Bravo.
Ici, l'impact ne sera pas trop violent : votre baguette de chez Première Moisson va vous coûter 2.75$ au lieu de 2.30$... Mais au Malawi, par exemple, ou dans n'importe quel pays importateur net de céréal où il y a des habitants qui vivent avec 1$ par jour ou moins (il y en a 1 milliard environ), les céréal sont la base de l'alimentation. Et quand 70 % des revenus d'un ménage va à l'alimentation, vous pouvez imaginer rapidement qu'une hausse de 136 % (hausse du prix du riz depuis janvier) fait en sorte qu'on a soudainement même plus les moyens de manger.
Le président de la Banque Mondiale (Bob Zoellick, pour ne pas le nommer) prévoit qu'au rythme où vont les choses, l'effet de la crise alimentaire anéantira les efforts des 10 dernières années en ce qui concerne la lutte contre la faim dans le monde.
L'effort international pour contrer la crise doit être sans précédent... en fait non. Il y a un précédent : la crise du crédit, qui a fait allonger quelque 3000 milliards de $ à la réserve américaine (la "FED") pour faire survivre des banquiers au bord de la faillte par leur seule faute. Inutile de vous dire que je trouve la chose des plus injuste.
Mais bon. L'Afrique, c'est tellement loin. On verra probablement la même sottise que créée la course aux armements (le budget militaire américain, sans les rallonges budgétaires spéciales pour l'Iraq, suffirait à régler la faim dans le monde ENTIER pendant 7 ANS !).
Sauver Bern Stern, c'est important. Racheter du "junk bond" (et le terme est fichtrement généreux) de Merill Lynch, c'est important. "Redonner confiance au marché", c'est important.
Mais donner quelques sous par jour à des gens -- des millions ! -- qui risquent de mourir, ça, c'est pas mal moins urgent...
Et je vous parle même pas des 2 millions d'américains qui verront leur maison reprise par les banques cette année.
C'est comme ça. On donne aux gens qui ont déjà beaucoup parce qu'ils possèdent tellement que la santé du système financier en entier dépend de leur santé financière à eux. Mais si une famille ici et là fait faillite ou meure de faim, qu'est-ce qu'on en a à cirer ?
Rien.
Et un jour ou l'autre, il faudra bien que la solidarité humaine passe à un niveau international.
D'une année à l'autre -- merci à Internet, en bonne partie -- les choses s'améliorent dans ce sens.
Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres, ou du champs de maïs à l'assiette.
jeudi, avril 24, 2008
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1 commentaires:
Je suis quelque peu déçu du manque flagrant de mises à jour sur ce site. Des promesses typiquement politiques du genre "ce blogue va reprendre du service." démontre un mépris profond pour la rectitude, l'attention au détail, la pensée cartésienne stricte et dénuée de toute émotion, les martices décisionnelles évaluatives, etc.
J'espère avoir l'occasion d'émettre des commentaires intéressants (même si l'intérêt de mon commentaire est plus de mon ressort, il faut quand même me permettre d'exercer mon droit), j'attends donc avec une impatience calculée un nouvel article.
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