Je me rends compte que je n'ai pas encore écrit sur ce qui se passe au PQ. Alors voici :
Le PQ m'exaspère un peu plus chaque jour. Après la mise en scène de Boisclair v/s Duceppe, la démission de Boisclair, les larmes de crocodile de ses députés ("c'est la journée d'André, laissons tomber la poussière"), voici - déjà - une course au leadership, deux jours après l'événement.
Gilles et Pauline vont s'affronter.
Moi, personnellement, mon cheval de bataille, ça serait Legault ou Facal, mais ils sont tous les deux beaucoup modernes et lucides (dans tous les sens du mot) pour être appréciés à leur juste valeur par les avaleurs de chefs du PQ, Yves Michaud et Denis Lazure en tête.
En ce sens, le PQ, c'est un peu comme Michael Crichton, qui a écrit Jurassic Park : on y trouve le moyen de faire revivre les dinosaures qu'on croyait disparus depuis longtemps.
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J'expliquais à un ami cette semaine, par courriel, que le PQ a deux problèmes fondamentaux et très contradictoires entre eux :
1- Chaque militant pense qu'il pourrait faire mieux que son chef. Plus les militants sont actifs (actif = avoir le temps de militer, beaucoup de temps = être à sa retraite = penser comme le PQ des années '70 = être un dinosaure, la plupart du temps), plus ils en ont vu et plus ils en vu, plus ils pensent avoir la solution à tout les problèmes. Les impératifs d'images, de message public (adressé à des non-militants à 75 % du temps), d'apparence dans les médias et de stratégie à long terme ne leur apparaissent que rarement. Ils sont beaucoup trop pressé de faire un pays, parce que a fait 20 ans qu'ils ne vivent que pour ça. Le peuple est moins pressé qu'eux, et ils l'oublient souvent.
2- Malgré qu'ils pensent être meilleur que leur chef, ils ont un respect incroyable pour le fondateur du mouvement, René Lévesque. D'ailleurs, ils vont passer les chefs un à un jusqu'à ce qu'ils retrouvent un autre Lévesque, mais n'arrivera probablement jamais, et voilà bien le problème. Pour eux, la souveraineté repose sur la force d'un leader, d'un Moïse de la souveraineté, qui va libérer les québécois. Mais la souveraineté devrait être l'affaire de chaque militant. Au lieu de se convaincre entre eux du meilleur messager à avoir, ils devraient se faire eux-mêmes les messagers et convaincre les non-convaincus. Mais c'est tellement plus facile de chercher une figure de proue que de monter dans un poteau pour y installer une pancarte, ou de répliquer à des arguments acerbes...
Paradoxalement, si on demande à chaque militant s'il se trouve plus brillant que Lévesque, il va dire que non. Que c'est un sacrilège de penser ainsi. Pourtant, ils se trouvent meilleur que leur chef et pense pouvoir le remplacer...
Voilà ce qui m'exaspère.
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Pauline entre dans la course. Elle était là, aux côtés de Lévesque, dans les années '70, ce qui est déjà un problème. Boisclair avait compris que le parti avait besoin de nouveaux membres, plus jeune. Il avait commencer le ménage et recentrer les priorités sur l'éducation (ce qui est une réellement bonne idée dans un contexte de mondialisation gallopante).
Le changement avait commencé et le membership changeait tranquillement. Mais avec Pauline, ça va être le retour des vieux, des illuminés de la go-gauche qui s'amusent à se gonfler des fonds de pension pendant que moi je m'arrage les cheveux à me cotiser des REER pour financer leur crise cardiaque à l'hôpital (d'ailleurs, je vous encourage à lire "les boomers finiront bien par crever", d'Alain Samson).
Un parti qui commençait lentement à recentrer sa cible de "militant cible" va revenir à ses vieux réflexe, qui ne sont plus la meilleur formule pour gagner un référendum...
Et d'ailleurs, en réponse aux chroniqueurs qui se demandaient cette semaine où étaient passé les membres du PQ amenés par Boisclair, et bien ils sont OCCUPÉS. Ils sont sur le marché du travail, à deux emplois, avec de un à deux enfants, essaient de se payer des petites vacances dans un camping de Rock Forest et vont visiter leurs parents le dimanche pour souper. Ils VIVENT et n'ont évidemment pas autant de temps à donner que les vieux militants pensionnés qui font de la politique partisane pour se désennuyer et se rappeller le bon vieux temps de M. Lévesque, quant il y avait juste 6 clubs...
Là réside un autre problème : pourquoi les partis politique donne autant d'attentions aux vieux ?
1- Ils votent beaucoup parce qu'ils sont beaucoup. Tant que la pyramide des âges sera inversée, faire de la santé une priorité sera payant pour un parti politique ; on peut ainsi gagner le vote de toutes ces personnes vieillisantes et malade qui sont inquiètes parce qu'elles ont mal dans leur côté...
2- Parce qu'ils ont juste ça à faire, aller dans les assemblées de partis politiques, où on décide des orientations des partis. On est malade ? On vote pour que le parti mette la santé comme priorité. Pour qui votent les vieux ? Pour le PLQ. C'est quoi la priorité de Jean J. Charest déjà ? Ah oui, la santé...
(je suis en feu, mais vous m'excuserez)
Les vieux sont déjà du bord à Ti-Jean, Pauline. Les vieux péquistes sont encore au PQ. Les jeunes sont partis voir chez Dumont s'ils y sont. Et tu quoi Pauline ? Ils y sont...
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Et Gilles Duceppe ?
Qui va prendre la relève du Bloc ? Personne ? C'est peut-être préférable comme ça.
On n'est plus à l'époque où 50 % de la populasse était souveraniste et où pouvait se donner le luxe d'avoir deux partis, un à Québec, l'autre à Ottawa. On a appris comment gérer un pays avec le Bloc, tant mieux. Qu'on passe à un autre appel et qu'on vote vert ou NPD.
Les gens du bloc vont être plus utile s'ils retournent au bercail. Les souverainistes ont besoin du plus de monde possible sur leur terrain pour rebâtir, lentement et solidement, leur crédibilité.
Mais Pauline (Québec) et Gilles (Ottawa) vont s'affronter. Au lieu de conjuguer ses forces, les souverainistes vont ENCORE déchirer leur chemise en public et laver leur linge salle sur le front page de la Presse au plus grand bonheur d'André Pratte qui les varlopera un après l'autre, alternativement, à tous les jours, comme une garde partagée...
Mettre l'intérêt supérieur du parti devant ses ambitions personnelles, c'est une chose que Pauline et Gilles ne comprennent pas. Pauline attend son tour, comme une bonne syndiquée. D'ailleurs, le PQ est comme un syndicat : on monte avec l'ancienneté. Exit le p'tit nouveau (Boisclair l'a maintenant compris). Legault ? Mérite pas. Facal ? Trop jeune. C'est qui le next dans la liste ? Pauline, 25 ans de service. Après ? Gilles, 17 ans de service.
Les péquistes, je vous l'annoncer, vont préférer Pauline. La logique est simple : éducation, santé, finance, PM. C'est comme ça que ça marche au PQ. Dans l'ordre. La preuve ? Legault. Il a commencé avec la santé (il est comptable, calvaire, pouvez-vous me dire ce qu'il faisait à la santé ?) pendant que Pauline atteignait l'échelon d'au-dessus : les finances (elle est travailleuse sociale, l'éducation, ç'aurait pas été plus logique ?). Mais le PQ n'y va rarement que pour la compétence, ou pour donner l'impression au public que c'est un parti de pouvoir.
Prenons le PLQ. Orford. Congrès où on dit qu'on est contre la vente de parc publics. Trois mois plus tard, Charest annonce la vente de la montagne. Controverse où on souligne que le PLQ s'est prononcé contre ce type de vente en congrès. Pour clouer le bec aux journalistes, organisation d'un congrès, vote en volte-face et hop ! on permet à son chef de vendre la montagne.
C'est un exemple de putasserie, évidement, mais c'est aussi un exemple de ce qu'un parti de pouvoir est prêt à faire pour ne pas perdre la face, ce que le PQ ne fera jamais. En fait, dans cette situation, si Jean Charest avait chef péquiste au lieu de chef libéral, notre PM serait aujourd'hui M. Couillard et Jean Charest aurait été exilé à la maison du Québec à Paris par son parti.
Pas que j'admire le PLQ, au contraire, je trouve que c'est un parti qui met trop ses intérêts et son goût du pouvoir devant ses idéologie, mais c'est un parti qui est rarement en crise parce que ses militants savent se fermer la yeule une fois de temps en temps, quant c'est le bon moment.
Les péquistes sont exigeants et c'est tout à leur honneur. Ils sont idéologiquement forts et veulent un pays. Fort bien. Si ce n'était d'eux, ils n'auraient pas besoin de chef, j'en conviens. Mais il est de ces réalité dont ont ne peut s'échapper. Nous sommes dans un système parlementaire britannique, où le parti est tout ce qui compte, où la ligne de parti est un atout au parti qui sait la maîtriser et où le 4e pouvoir est dans les mains des journalistes. Ne pas s'avouer tout cela, c'est se mentir.
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Je ne parle pas encore des problèmes financiers du PQ. Dans le rouge et sur la marge. Ont-ils les moyens d'une course à 9, comme la dernière fois ? (c'était d'ailleurs tout à fait ridicule de donner autant de temps de parole à un Jean-Claude St-André, tout intelligent qu'il soit, qu'à Boisclair ou Marois, les deux seuls vraiment en course...). Non. Ont-ils les moyens d'une course tout court ? Non. Mais c'est propre au PQ : les principes d'abord et la réalité ensuite.
Voilà pourquoi je ne vais appuyer que Legault, l'inventeur de la "gauche efficace" ou Facal, un "lucide" de gauche, qui, bien qu'il soit pour le bien de tous et pour le plus large et meilleur filet social possible, se rend bien compte de la réalité vers laquelle nous nous dirigeons.
Mais on est loin de là, avec ces militants pensionnés, révolutionnaires à la mai 68, socialistes et syndiqués. Leur réalité ne sera jamais la mienne. Et pendant qu'ils pleureront sur les années Lesage et la manifestation du "McGill Français", je vais travailler 60 heures semaines pour leur payer des remplacements de la hanche avant de payer 85 $ pour un examen général.
C'est ça, l'équité intergénérationnelle ?
C'est ça, Pauline Marois / Gilles Duceppe au PQ ?
Réveillez-moi quelqu'un, je dois faire un cauchemar.
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Ai-je une solution de rechange ? Bien sûr que non. Ou oui, peut-être.
Le PQ ne devrait pas être un parti politique, mais deux. Il ne prendra probablement jamais le pouvoir, mais ses ailes de droites et de gauches iraient chercher des gens à L'ADQ. Peut-être même chez les libéraux les plus nationalistes.
Trois ou quatre partis politiques à l'Assemblée, si la moitié de ces partis sont souverainistes, c'est encore une majorité de partis souverainistes, non ? Une motion en faveur d'un référendum pourrait passer, non ? Les clans souveranistes et fédéralistes, de gauche et de droite, s'uniraient pour la campagne référendaire. Les gens de gauche comme de droite pourraient voter oui ou non. Et faire du Québec un pays serait encore possible. Voire même plus facile.
Mais pour ça, il faut une réforme des institutions, à commencer par se débarasser du concept d'opposition. Avez-vous vu la merde que ça fait à l'Assemblée d'avoir trois partis ? On se bat pour avoir plus de temps de parole que son voisin...
Qui a commencé la chicane ? L'ADQ, le parti du sauveur des peuples, Mario Dumont, qui, en 2003, voulaient en cours pour avoir plus de temps de parole. Il joue maintenant la même mélodie qu'on lui a joué il y a 4 ans. Avec un sourire en coin.
Ce grand démocrate il voulait la proportionnelle se retrouve soudainement dans une position où le vieux système britannique lui sert bien. Parions que nous allons attendre un autre 104 ans avant une modification de nos institutions.
Et bye bye ma solution de rechange.
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Je pense que je vais aller vivre à Cuba.
Charles Bukowski disait que la différence entre une démocratie et une dictature, c'est qu'en démocratie, on se déplace pour aller voter pour notre dirigeant alors qu'en dictature, au moins, on n'a pas à se faire chier à aller voter...
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