mercredi, mai 02, 2007

Ça s'annonçait chaud, je ne suis pas déçu

Je suis à TV5 en ce moment et je regarde Ségo dire à Sarko qu'il y a "un processus en place qu'il faut respecter, mais il faut une pause qui est nécessaire" concernant l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Sarko est clair : pas question.

Sur les retraites, une heure plus tôt, Sarko met en place une série de mesures bien précises : rétablissement des retraites "spéciales" à la même durée de cotisations que toutes les retraites (i.e. de 37 à 40 ans de cotisation). On financera le gouffre financier des retraites qui se pointe au tournant de 2020 avec ce rééquilibrage.

Ségolène "met au plancher" les lois actuelles, mais ne les élimine pas. Que signifie donc "mettre au plancher" ? On ne le saura jamais.

La Presse titre que les deux camps se réjouissent. Selon un sondage-éclair de Le Monde, Ségolène gagne le débat selon 52 % des répondants, contre 36,6 % qui pensent plutôt que Sarkozy a gagné. Gérard Courtois, directeur éditorial du même journal, est d'avis que Mme Royale a fait dérapé le débat en ne répondant jamais directement aux questions posées. Laissez-moi à mon tour vous donner mes impressions.

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D'abord, je pense, depuis bientôt 2 heures 30 minutes, à notre débat de la dernière élection au Québec et je ne trouve AUCUNE base de comparaison. J'imagine seulement Nicolas Sarkozy débattre contre Mario Dumont, et je ris intérieurement.

Le débats va sur le fond, sur la forme, sur les émotions, les histoires personnelles, les remarques assassines, etc. Un excellent divertissement, mais un bon portrait des deux protagonistes.

Mon petit résumé du début est mon impression depuis le début et je ne peux m'en défaire. J'ai la solide impression que Sarkozy est clair, précis, incisif. Ségolène utilise constament les mots "concensus", "discussion", "rapprochement", etc. Quand on sait les problèmes qu'a la France, on se dit, vu d'ici, que l'heure n'est p-ê plus à la discussion.

La gauche me déçoit. Un ancrage plus pragmatique aurait été possible sans vendre à rabais les idéaux de gauche. Ce défaut, je pense, est brillament récupéré par l'UMP de Sarkozy, qui met de l'avant des mesures précises, facilement identifiable, qui prennent en compte la dépense et le financement à la fois.

Aussi : 1 minute de discours de Nicolas Sarkozy vaut 4 minutes de Ségolène Royal... Ségolène, c'est la André Boisclair des Français : beaucoup de mots, de superbes principes, mais tellement peu de moyens concrets qu'on se décourage. On a le goût de crier "Hé ! Comment tu penses faire ce que tu dis sur le terrain ???". On sait qu'il faudrait écouter encore quelques heures avant de se faire une idée, mais c'est tellement vague et floue (et que dire de leurs tonalités respectives !) qu'on sait qu'on ne se rendra pas jusqu'à deux phrases plus loin dans notre écoute...

Ouin. C'est peut-être un parallèle entre les Français et nous...

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Je me suis rongé les sangs pour savoir comment je voterais si j'étais français. Je me considère de gauche, mais de gauche efficace, qui passe par la droite pour mettre en place des mesures qui élève le bien commun au-dessus du bien particulier. Mais je ne peux m'empêcher de constater que je deviens Sarkoziste.

Droit, direct, clair, concis, chiffré (j'adore les arguments chiffrés). Il semble limpide.

Après tout, la France ne va pas élire son meilleur ami, ni choisir son beau-frère : elle va choisir son Chef. Et un Chef dirige, va de l'avant et propose. Il brasse la cage et demande de se la faire brasser. Sarkozy fait tout ça. Ségolène, elle, semble être celle qui va écouter durant 5 ans et demandera un autre mandat pour mettre en oeuvre des solutions aux doléances qu'elle aura écouté.

Et la France n,a pas cinq années de plus à perdre.

Je voterais Sarkozy. Et je l'assume.

1 commentaires:

Louis a dit…

Si tu te considères de gauche et que tu voterais Sarkozy, alors tu n'es pas de gauche; tu craches sur toutes tes « convictions ».