vendredi, décembre 22, 2006

Rectificatif de taille

Vous savez ce texte que j'ai mis sur ce site il y a quelques semaines ? Ben oui, ce texte où je parle de Stéphane Dion et de son élection ? (le titre en était "J'ai mon voyage..." et c'est trois textes plus bas, juste ici là, en bas...).

Bon, et ben après publication de ce texte, j'ai reçu un commentaire fort avisé de mon ami Romain sur ce passage où je parle du mensonge de De Gaulle. Il me donne crédit pour cette allusion au discours post-guerre de De Gaulle, mais me corrige - avec raison - sur l'assertion où je dis que sans les aliés, les français seraient p-ê allemands aujourd'hui. C'est évidemment grossièrement stupide de ma part d'avoir écrit ça... C'est ce qui arrive quand on se sert "accessoirement" à notre propos d'un sujet aussi complexe que la géopolitique post-deuxième guerre mondiale... Ça m'apprendra...

Mais parce que la rectification de Romain était, j'ai trouvé, très éclairée, j'aimerais vous en soumettre quelques extraits :

[en parlant du passage douteux de mon texte :] Je trouve que c'est très juste mais aussi très imprécis et réducteur car la résistance francaise a joué un rôle primordial dans la libération et parmi les alliés, sans compter nos camarades des colonies trop souvent oubliés.
Toujours est-il je comprends que ton exemple est pédagogique et je le trouve tres bon en comparaison de la Trudeaumania.



[...] Premierement nous [Romain est français, d'où le "nous"] avons en effet perdu la guerre en 40 et le maréchal Pétain nous a vendu à Hitler en échange de conserver justement la France aux francais. Ce n'est pas glorieux mais c'est l histoire dont justement les francais ne se souviennent pas assez. Malgré tout la France est restée la France, comme en 1918 l'Allemagne pourtant tout jeune pays (1871) est restée l'Allemagne. Donc , rien n'est éternel certes. Mais les francais n auraient pas pu devenir Allemand en 40 ou 45 advenant une victoire d Hitler, La France était simplement et malheureusement intégrée au 3eme reich , c'est tout et c'est déja pas mal !!!
Dautre part si les allemands s en étaient sorti, c'eut été avec l'aide des américains car les russes avaient les dents longues. Donc le monde entier serait Nazi et pas Allemand...


[...]
Dernier Argument , si quelques francophones résistent encore en Amérique du Nord pour avoir un pays, comment peux tu croire que le peuple à l origine de cela et qui a 2000 d'histoire se laisserait bouffer comme ca par trois mangeurs de saucisses à casque à pointe.... no way, La France est plus qu'un pays, c'est une certaine idée de la vie, de la société et du monde.
quant à moi, je suis nécessairement Allemanophone et amoureux de la culture germanique. Nous avons d'ailleurs un projet de fonder un pays commun entre La France et l'Allemagne, nos députés se sont réunis en convent pour ca...
Donc aujourd'hui les Francais serons peut être Allemands et inversement, réunis dans la fraternité et non plus la haine.


Je suis d'accord avec les arguments de mon ami et me rallie au bon sens : le monde change, la diplomatie et les relations se développent. L'UE est une grande puissance, justement - et principalement - à cause des influences françaises et allemandes. Ne pas comprendre que ces deux peuples ont aujourd'hui (et depuis bien longtemps, bien avant les Grandes Guerres) des affinités est une erreur. Les Nazis ont brouillés les cartes d'un parcours qui devait aller en ligne droite vers la coopération étroite. La chute du IIIe Reich n'a été que l'élimination d'un obstacle vers cette coopération.

Si le Reich avait gagné, Dieu seul sait ce qui serait advenu du monde. Mais le dernier pays à résister, habitant par habitant, âme par âme, aurait probablement été la France et son inlassable goût de liberté (qui est bien plus fort que le goût de la liberté qu'ont les américain, qui ont institutionnalisé la liberté dans des secrétariat d'état et des campagnes guerrière, alors que les français ont encore individuellement le goût de liberté).

Ce qui me fait redire : mon Dieu que j'ai hâte de voir le duel Ségo/Sarco... !

lundi, décembre 18, 2006

Elle est bonne celle-là...

Lu ce matin sur le site de La Presse :

Gilles Blondeau, celui qui est considéré comme étant le père de la SONACC, rabroue le vérificateur général, Renaud Lachance, dont le rapport contient des pans d'un ridicule achevé, selon lui. En entrevue au journal Le Soleil, M. Blondeau précise qu'il est hors de question pour lui d'accepter qu'un comptable vienne dire à la Société nationale du cheval de course comment gérer une entreprise.

Ah ben oui. C'est comme de dire qu'on ne laissera pas un médecin nous dire ce qui est bon pour se soigner ou un avocat nous énumérer nos droits...

Y a vraiment des coups de pieds au cul qui se perdent ces jours-ci...

mercredi, décembre 06, 2006

Paradoxal

Je suis assé étonné de ce sondage que je viens de voir sur le site web de La Presse. Le OUI à 48 % ? Alors que la Une du Journal de Montréal nous parle de 57 % des Québécois qui croient que l'élection de S. Dion à la tête du PLC est une bonne chose pour le Québec... Est-ce contradictoire ?

Pas tellement. Si vous demandez à un souverainiste s'il est heureux de S. Dion, il vous répondra oui sans hésiter en se souvenant de toute la capacité qu'a M. Dion de polariser les gens autour de lui. De la même manière, si, comme le soulevait Michel David, vous posez la question à Bernard Landry, il vous dira que l'élection de M. Dion était souhaitable.

Les deux résultats sont donc conciliables. Mais avouez que la situation est étonnante, non ?

Les 4 ou 5 prochaines années politiques (fédérales comme provinciales) vont être délicieuses pour quiconque aime suivre ce qui s'y passe.

Je vais faire mes réserves de pop-corn en attendant les débats...

lundi, décembre 04, 2006

Héhé...

J'ai mon voyage...

Dion. Si on m'avait dit un jour que le père de la loi sur la Clarté, celui qui refusait de reconnaître la Nation Québécoise (sauf au "sens sociologique du terme"), celui qui siégeait au même conseil des ministres qui a mis en branle le sandale des commandites, celui qui a tout du jeune blanc-bec, premier de classe farouche et haïssable à souhait, celui dont l'anglais est pire que le mien... si on m'avait dit que celui-là finirait premier, je serais mort de rire.

Mais est-ce que je ris, deux jours après le choc ?

Je ne sais pas. J'ai été sidéré ce matin en lisant la page A3 du Devoir qui confirmait que l'alliance Kennedy-Dion datait d'avant le congrès. Le pacte était le suivant : celui qui finit 3e au premier tour prend les appuis de l'autre, qui se désistera. Or, au 1er tour, Kennedy a eu 17,7 % des votes et Dion, 17,8 %. Au totale, ce sont deux délégués. Si ces deux-là (et un autre) avaient voté pour Kennedy, Dion lui cédait sa place et Kennedy devevait chef.

Ça fait peur.

Rappellons que Kennedy s'est affiché clairement contre la reconnaissance de la Nation Québécoise. Il est appuyé, sans réserve et dans tous ses propos, par Justin Trudeau (qui porte l'héritage idélogique de père de manière honteusement anachronique). Il n'a jamais mis les pieds au Québec mais est aimé dans le ROC...

Rappellons aussi que selon le sondage du Journal de Montréal paru il y a deux semaines, 77 % des canadiens refusent de reconnaître la Nation Québécoise. Couplez ceci au fait que Dion s'est prononcé contre et à son lourd passé comme Unity Minister et vous devinez pourquoi les délégués ont continué de l'appuyer après l'alliance de Kennedy. Le ROC aime Dion. Le ROC aime la ligne dure et ne veut plus rien savoir des querelles constitutionnelles.

Une expression intéressante veut que les Français vivent dans le mensonge de De Gaulle. On entend par là qu'on croit toujours les propos de De Gaulle à l'effet que la France est la plus grande nation du monde à cause de son passé et de la manière dont elle a chassé l'ennemi Allemand durant la guerre 39-45. Or, ce sont les Alliés qui ont libérés les Français. Si ça n'avait été d'eux, ils seraient p-ê Allemand aujourd'hui...

Dion (et ceux qui le suivent) vivent, quant à eux, dans le Mensonge de Trudeau. Entendez par là que le Canada est un pays uni, multiculturel, où toutes les cultures se valent (ça, c'est la Charte, dont un des buts aoués étaient de noyer le nationalisme québécois dans toutes les ethnicités canadiennes), où la question constitutionnelle est réglée et où les nationalistes, autres que Canadiens, n'ont pas le droit d'exister.

Si le trudeauisme (qui est, selon moi, un danger pour la fédération) est une religion pour certain, les libéraux viennent d'élire leur Pape (l'expression est de Michel David). Ignatieff était un hérétique. Il fallait le sacrifier pour le mieux-être du dogme, ce qu'on a fait. Le dogme est sauf. Le saint-esprit de Trudeau est grand.

Or, la négation des nations au Canada commence à toucher plus que les Québécois. Ce week-end a aussi vu naître un nouveau chef conservateur en Alberta : Ed Stelmach. Son programme : réduire les paiements de péréquations de l'Alberta au reste du Canada, éliminer la GRC et restreindre le plus possible le mariage entre conjoint de même sexe. Si cela n'est pas un désir de cassure de l'esprit de la fédération, je me demande bien ce que c'est ! Soulignons que M. Stelmach (élu au 3e tour...) représentait le plus centriste des candidats. C'est donc dire que ses demandes, par rapport au "mainstream" albertain, sont plutôt modérée et que certains veulent plus !

M. Dion aura donc du fil à retordre avec les Québécois (c'est certain), mais je prédis des jours difficiles avec la très puissante Alberta.

Le temps du négacionisme libéral devait mourrir avec ce congrès. Les délégués l'ont plutôt fait revivre. À eux d'en payer le prix.