dimanche, septembre 24, 2006

Chavez et Wong

Je vous promis de parler de Chavez. Je vais seulement mentionner que le livre de Noam Chomsky qu'il a montré au monde lors de son discours est passé du 26 000 e rang au 1er rang des ventes sur Amazon.com. On ne peut pas dire qu'une certaine frange de la population américaine est au moins ouverte à écouter ce que le président vénézuélien a à dire...


Hegemony or Survival, de Noam Chomsky : la lecture de chevet de Chavez.

Et pour planter le clou final dans le cercueuil de Jan Wong et son torchon haineux sur les qébécois, voice une lettre parue dans le Devoir ce week-end que je trouve bien amusante... et malheureusement plutôt vraie :

Lettres: La loi du Québec

Robert MainvilleLorraine, 20 septembre

Il existe de ces lois qui cherchent à résumer succinctement un phénomène complexe. Il y a par exemple la loi de Moore, qui formule que la puissance des microprocesseurs double tous les 18 mois. Cette loi n'a pas encore été prise en défaut.

Sur Internet, il existe la loi de Godwin, qui avance que plus une discussion sur un forum de discussion se prolonge, plus la probabilité qu'un participant fasse une comparaison boiteuse avec les nazis ou Hitler s'approche de 1. Cette loi a été vérifiée un nombre incalculable de fois.

C'est en réfléchissant à l'ignoble article de Jan Wong, publié par le Globe and Mail, que m'est venu à l'esprit l'idée d'énoncer une loi qui résumerait le phénomène apparemment sans fin de Quebec bashing qui prévaut dans la presse du Canada anglais. M'inspirant de la loi de Godwin, j'avance donc ainsi la loi de la couverture du Québec par la presse canadienne-anglaise : plus la presse du Canada anglais couvre un événement au Québec, plus la probabilité qu'un de ses journalistes trouve le moyen de blâmer la loi 101 ou les séparatistes s'approche de 1.

jeudi, septembre 21, 2006

Dans le royaume des contradictions

Michel C. parlait de contradictions dans le Globe&Mail de samedi. Je vous en offre une autre absolument renversante, qui oppose un article de la BBC (repris un peu partout aujourd'hui) avec une colonne parue dans le Dallas Morning News de ce matin.

Voici l'extrait du texte de Mark Davis, du Morning News :

Think about that: What they [the terrorists] might do to us? Do we need to review what they already do to us? These enemies are very fond of the videotaped beheading, for starters. They also have a penchant for hanging our charred bodies from bridges. Spare me the absurdly phony concerns about what our enemies "might" do if we fail to throw them the bone of Geneva Conventions protection.
[...]
It really is this simple: Even without making them full-fledged beneficiaries of Geneva Conventions rules, we are treating this enemy with a dignity unmatched in the history of warfare. From the dietary and religious favors we bestow to the perpetual reviews of their combatant status, it is specious to argue that we are somehow not generous enough with basic rights.

Et la BBC publie ceci :

Manfred Nowak said the situation in Iraq was "out of control", with abuses being committed by security forces, militia groups and anti-US insurgents.
[...]
The UN report says detainees' bodies often show signs of beating using electrical cables, wounds in heads and genitals, broken legs and hands, electric and cigarette burns. (...) Many bodies have missing skin, broken bones, back, hands and legs, missing eyes, missing teeth and wounds caused by power drills or nails, the UN report says.

Wow ! ÇA, c'est vraiment le meilleure traitement offert à des ennemies dans l'histoire de l'humanité. Et le pire, c'est qu'on ne peut à peu près pas blâmer l'armée parce que, comme le rapporte la BBC, ces actes sont commis principalement dans des prisons privées par des gens "sous-traités" par l'armée. No accountability at all ! De la même manière, plus de 45 000 personnes, chaque jour, sont payés par l'armée pour entretenir les américains. Et le floue juridique qui entoure leur présence là-bas fait bien leur affaire.

Pendant ce temps, un compromis s'enligne pour permettre "certaines formes de tortures" dans les interrogatoires de détenus internationnaux. On pourra faire jouer de la musique forte, priver les gens de sommeil, etc. La plupart des intervenants dans le débat affirment des énormités du genre "au Collège, je passais des nuits blanches, et je n'en suis pas mort !". Étrangement, le républicain John McCain, qui a été torturé au VietNam de 72 à 74, s'oppose à la torture par le gouvernement. Apparemment, ces vaillants élus qui ne dormaient pas à l'école ne comprennent rien à rien... encore une fois !

On s'étonne que Chavez traite Bush de Démon après ça. Plus on écoute FoxNews ou CNN, et plus c'est difficile de ne pas être d'accord avec M. Chavez...

(Je vais vous reparler de ce bout-là plus tard par contre. C'est un sujet en soi.)

mercredi, septembre 20, 2006

Encore Madame Wong

Le texte paru samedi dans le Globe&Mail fait encore des vagues ce matin. Décidément, toute l'action au Québec se passe quand je suis à l'extérieur ! C'est pas juste !

La dernière fois, c'était Barbara Kay, qui assimilait les souverainistes à des Nazis à cause de la manifestation anti-guerre tenue à Montréal durant l'été. Maintenant, c'est une lunatique - une autre chroniqueuse du ROC - qui met la faute de la tuerie de Dawson sur la loi 101. Décidément, les canadiens anglais nous imaginent avec des longues dents et des instruments de torture avec lesquels on s'amuse joyeusement sur ces salauds d'allophones !

Ces propos me font sentir bizarre. Pas autant parce que je ne suis pas d'accord avec leurs auteurs que parce que je suis d'accord avec des gens qui leur répondent, comme André Pratte, Jean J. Charest ou Stephan Harper. Être québécois et d'accord avec Harper, avouez qu'il faut le faire !

Yves Boivert aussi se joint au groupe et il le fait avec ces propos :

C'est bien connu: tout phénomène observable au Québec, de la pluviométrie au taux d'introductions par effraction en passant par la récolte annuelle de chevreuil, tout, absolument tout ce qui se passe ici est explicable par une seule véritable raison profonde, la causa causans des choses québécoises: l'infâme loi 101 !

J'aime bien ce passage parce qu'il dénote l'espèce d'obsession du ROC contre la loi 101. (Alors que cette loi permet encore à 10 000 jeunes par année - par année ! - de fréquenter Dawson en anglais sans parler un mot de français... Il faut comprendre que la Constitution de 82 a été adoptée après la loi 101 de 1977... La primauté des droits sans obligations, si chère à Trudeau, a donc encore une fois gagné...).

Je sais que Michel C. l'a souligné (et j'ai raporté sa chronique dans ce site cette semaine), mais je vais vous citer un bout de l'article de Marc Garneau, candidat Libéral défait dans Vaudreuil-Soulange (la circonscription d'où je viens). Il a dit ceci :

During the last federal election, I ran in a riding held by the Bloc Québécois. I lost that contest but in the process learned a great deal, most notably, that I was not quite on the same wavelength as my fellow Quebeckers.

First of all, I had been out of the country from 1992 to 2000 training as an astronaut and had not had the opportunity to appreciate the profound changes taking place in Quebec, including Canada's near-death experience in the 1995 referendum.

Secondly, my perspective of Canada and of Quebec was shaped by English national newspapers and from watching English television, which I believed, gave me an encompassing sense of my country. In reality, I was living inside a bubble.

Effectivement. Pas surprenant de détester le nationalisme québécois si l'image qu'on en a est rapportée par une Barbara Kay du National Post ou une Jan Wong du Globe.

J'attends le prochain texte incendié de la part du Toronto Star. Ne manque plus que lui pour que la "triade" soit complète !

mardi, septembre 19, 2006

La suite sur le texte du Globe & Mail dont parlait Michel

Charest exige des excuses du Globe and Mail
La Presse

Jocelyne Richer
Québec

Piqué au vif par un texte vitriolique sur le Québec paru samedi dans le Globe and Mail, le premier ministre Jean Charest demande au quotidien torontois de présenter ses excuses aux Québécois. En guise de réplique, M. Charest a expédié une lettre au ton mordant à l'éditeur du prestigieux quotidien, Edward Greenspon, mardi, afin de dénoncer la prose à caractère ethnique de la journaliste Jan Wong, relativement à la fusillade survenue au collège Dawson la semaine dernière.

Le quotidien a accepté de publier sa lettre, mercredi, dans la page réservée à l'opinion des lecteurs, mais la direction du journal s'est refusée à tout commentaire, mardi soir. Le bureau de M. Greenspon a refusé de dire si le quotidien allait ou non faire amende honorable et présenter ses excuses au Québec. «Le texte de Mme Wong est une disgrâce. Il témoigne d'une ignorance des valeurs canadiennes et d'une incompréhension profonde du Québec. Mme Wong devrait ainsi avoir la décence de s'excuser auprès de tous les Québécois», conclut le premier ministre Charest, dans sa lettre à l'éditeur.

À la suite de la fusillade survenue au collège Dawson, Mme Wong, qui est d'origine québécoise, a écrit un long texte analytique, samedi, qui a aussitôt soulevé la controverse, en raison des conclusions à caractère politique qu'elle donne à la tragédie. Ainsi, elle n'hésite pas à affirmer que ce genre de tueries ne survient qu'au Québec, et que s'il est répugnant de parler de pureté raciale ailleurs au Canada, ce n'est pas le cas au Québec. Dans son texte, elle associe le geste du tireur de Dawson, Kinveer Gill, à l'auteur de la tuerie de polytechnique, Marc Lépine, d'origine en partie algérienne, de même qu'au tireur de l'Université Concordia, Valery Fabrikant.

Selon elle, les trois ont en commun une origine étrangère et aussi de vivre à Montréal, où les immigrants ont beaucoup de difficulté à s'adapter aux lois linguistiques favorables au français, dans un Québec intolérant qui valorise les citoyens d'ascendance «pure laine». «Bêtise» que tout cela, réplique M. Charest, en faisant valoir qu'il est «pour le moins risqué de s'aventurer sur le chemin de l'explication ou de la comparaison». «À ce jeu, Mme Jan Wong se sera discréditée», accuse M. Charest.

Dans sa lettre, le premier ministre défend vigoureusement la bataille historique menée par les Québécois pour affirmer le fait français chez eux, dans le respect de ceux qui parlent une autre langue. «À travers les siècles et les aléas de l'histoire, écrit-il, nous sommes parvenus à préserver notre langue et notre culture. Nous avons su le faire en nourrissant les plus grands idéaux démocratiques et en accueillant chaque année des dizaines de milliers de personnes venues des quatre coins du monde pour participer à la construction d'une société libre et fière de sa différence.» La langue française, «loin d'aliéner notre métropole, comme le soutient injustement Mme Wong, contribue au contraire de manière puissante au caractère cosmopolite de Montréal et à la nord-américanité unique du Québec».

De son côté, le député bloquiste de Saint-Lambert, Maka Kotto, a lu une déclaration en Chambre, à Ottawa, dans laquelle il soutient que «prétendre qu'il puisse y avoir un lien quelconque de cause à effet entre l'épisode dramatique du collège Dawson et la loi 101 — qualifiée d'infâme par la journaliste — relève d'un délire diffamatoire déconnecté de la réalité québécoise». «Le Québec est une société inclusive, accueillante et agréable à vivre. En tant qu'immigrant, je m'y suis senti très rapidement le bienvenu et je déplore qu'on puisse remettre en question l'ouverture du peuple québécois», a-t-il ajouté, invitant le gouvernement fédéral à dénoncer à son tour les propos de Mme Wong.

Un site intéressant

Voici un site dont on m'a souvent parlé et qui est très, très impressionnant.


On y trouve les premières pages de la journée de plus de 500 journaux. Aujourd'hui, il est intéressant de comparer la une de La Presse à celle du NY Times : les deux journaux présentent le dénouement de l'affaire Maher Arar selon leurs points de vue respectifs.
Et si vous voulez l'article du NY Times, il est disponible en ligne.

lundi, septembre 18, 2006

Michel aujourd'hui

Voilà la chronique de Michel C. Auger d'aujourd'hui sur Cyberpresse. Amusant de voir le Globe&Mail avoir l'air d'un chien qui coure après sa queue...

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C’est amusant ce qu’on peut trouver dans le même journal, le même jour. Comme dans le très sérieux Globe and Mail de samedi dernier.En page A8, on retrouvait une analyse de la tuerie de Dawson par la journaliste Jan Wong qui faisait porter la responsabilité de tout ça sur… la loi 101. Rien de moins.

En traduction libre, voici les propos de Mme Wong : «Ce que beaucoup de gens de l’extérieur (du Québec) ne réalisent pas, c’est l’aliénation que des décennies de batailles linguistiques ont pu amener à cette ville autrefois cosmopolite. Ce n’a pas seulement nui aux anglophones de souche, mais cela a également affecté les immigrants. Bien sûr, les trois tueries (Dawson, Concordia et Polytechnique) ont été le fait de personnes qui avaient des problèmes de santé mentale. Mais il est également exact que dans les trois cas, le tueur n’était pas un pur laine, le mot d’argot pour un «pur» francophone. Partout ailleurs, parler de «pureté» raciale est répugnant. Pas au Québec.»

Mme Wong continue en expliquant que Marc Lépine, le tueur de Polytechnique, était le fils d’un Algérien et qu’il avait francisé son nom parce qu’il avait été rejeté par les Forces canadiennes. Elle ajoute : «Il était un francophone, mais aux yeux des Québécois pure laine, il n’était pas l’un d’eux et ne le serait jamais. Il n’était Canadien français qu’à moitié».La conclusion de Mme Wong est que Marc Lépine, Valery Fabrikant et Kimveer Gill ont en commun «d’avoir été marginalisés dans une société qui favorise les pure laine».

Je ne vais pas m’étendre longtemps sur le propos de Mme Wong, sauf pour me demander qui pouvait bien dormir au gaz à ce point au pupitre du Globe and Mail, vendredi dernier.

C’est peut-être parce que la réponse était en page A15 du même journal, le même jour. L’ex-astronaute et ex-candidat libéral Marc Garneau y signait une chronique qui ressemblait fort à un mea culpa. M. Garneau explique qu’il est maintenant en faveur de la reconnaissance du caractère national du Québec dans la constitution canadienne, une idée à laquelle il s’était fortement opposé.Il affirme avoir découvert un Québec qui a évolué. Il explique que s’il n’était plus sur la même longueur d’ondes que la majorité de ses concitoyens, en partie parce qu’il avait longtemps vécu à l’étranger. Mais aussi – et c’est là qu’on retrouve un rapport avec l’article de Mme Wong – parce qu’il ne s’abreuvait plus qu’aux médias anglophones.

Traduction libre de ses propos : «Ma vision du Québec et du Canada était façonnée par les journaux nationaux anglophones et en regardant la télévision anglophone qui, je le croyais, me donnaient une vision globale du pays. En réalité, je vivais dans une bulle», écrivait M. Garneau.

C’est sans doute vrai que, lorsqu’on vit dans la bulle et qu’on ne lit que les savantes analyses de la réalité québécoise de Mme Wong, on en vient à une vision totalement surréaliste de la société québécoise. Il est aussi vrai qu’un petit tour dans la réalité du Québec d’aujourd’hui fait changer ces perceptions, comme le montre M. Garneau.

Il ne manquera pas de gens pour se déchirer la chemise à la suite des propos de Mme Wong. Je me contenterai de noter l’ironie de trouver deux messages aussi divergents et irréconciliables dans le même journal, le même jour.

Le retour (2)

Pour la deuxième fois cette année, j'ai dû mettre ce blogue en veilleuse. Beaucoup de travail et beaucoup de nouveautés. Détails.

Depuis 3 semaines (je revenais de l'Illinois, je crois), le PCC a descendu dans les sondages, Jean John Charest a l'air de vouloir déclencher des élections, Michel C. Auger est descendu à Washington pour analyser la politique américaine avant les élections de novembre et un fou a tué des gens à Dawson. Pas mal de choses sur le programme.

Du côté personnel, et ben ç'a fait 5 ans avec Petite (et c'est comme si ça faisait juste 2 mois... quel merveilleux sentiment !). On est allé dans un petit chalet / auberge à St-Faustin-Lac-Carré, dans le bout de Mont-Tremblant. Super bonne bouffe. Belle détente. Beau lac.

L'EFU a eu lieu cette semaine. Deux de mes amis avec qui j'ai étudié l'an passé le refaisaient. Ils avaient l'air pas mal prêts il y a une semaine. Je pense qu'ils vont l'avoir cette fois.

Et là, ben je suis à Woodcliff Lake, NJ (50 minutes au nord de New York, NY) en training pour 5 jours sur un logiciel assez puissant d'analyse de données (comptables ou autres). On m'y a envoyé pour que je transfère en Juricomptabilité (la branche de la profession qui se consacre à la détection et la prévention de fraude, l'évaluation de dommages en cours et l'expertise comptable au service de la justice en général). C'est intéressant mais c'est comme tous les trainings basés sur un ordinateur : c'est trop lent pour moi. Alors j'ai du temps pour écrire sur ce blog. Je pense que vous allez me lire beaucoup cette semaine !

Je dois vous dire - avant que ça ne soit plus au cinéma - d'aller voir le film THE ILLUSIONIST. C'est avec Edward Norton (il faisait le méchant dans "The Italian Job") et Jessica Biel (qui est juste cute en général, mais ce n'est pas pour ça qu'elle est dans le film). C'est le meilleur film que j'ai vu cette année, p-ê même depuis quelques années. C'est un "brain twister" qui vaut vraiment la peine, subtil et bien fait.

Je retourne à mon training (c'est la pause CAFÉ). Je vous reviens probablament dans pas long...