samedi, juillet 29, 2006

Le gorge serrée

Cette lettre, parue dans Le Devoir du 25 juillet et dont SRC traite aujourd'hui sur son site web, est un cri du coeur de Wajdi Mouawad. C'est une de ces lettres qu'on voit rarement qui vous serre la gorge et au bout de laquelle vous prenez un instant pour réfléchir. Des textes comme il y en a trop peu, mais dont Mouawad est le maître. Bonne lecture.

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Un cri pour le Liban - La courbature

Wajdi Mouawad
Auteur et metteur en scène


C'est la soudaineté de tout cela qui fait mal. Tout à coup. D'un coup. Voilà. Ponts détruits, jambes arrachées, enfances perdues et routes cassées, immeubles écroulés, avions dans le ciel et hurlements. Sifflement et explosion et prière désespérée, souffle trop court, coeur qui bat, grande frayeur, sommeil brûlé et ironie et honte et humiliation. Cela tout à coup. Soudaineté. Comme un couteau planté dans la gorge.

Des jours déjà que je marche sans faire attention à rien, à la recherche des mots. Ne pas croire ceux qui disent «qu'il n'y a pas assez de mots pour dire...», au contraire, s'entêter. Quand on n'a plus rien, il nous reste encore des mots; si on commence à dire qu'il n'y a plus de mots, alors vraiment tout est perdu, noirceur noirceur. Chercher même si on ne trouve pas. Regarder ses propres mains et y voir, là, dans ses propres veines et ses propres muscles, là, dans ses bras, l'impossibilité d'agir. Constater et être impitoyable envers soi et assumer : je ne peux rien faire, je ne sais pas quoi faire, je me sens impuissant, je ne peux qu'attendre et suivre le décompte. Zidane, il y a un siècle Il y a bien longtemps de cela, un siècle je crois, je tremblais pour Zidane et pour les Bleus. Je comptais, avec une jubilation profonde, les buts marqués contre le Brésil, le Portugal, l'Espagne et puis voilà, fin de la Coupe du monde, et tout à coup, un couteau planté dans la gorge ! Depuis je compte les morts d'un match cauchemardesque où les règles s'inventent à mesure : 316 à 48, addition infernale, sang pour sang sanglante sans remise possible ni banco ni go à passer pour réclamer les vies, toutes les vies perdues, morts, ils sont morts et les voilà, Moustafa, Samir, Sarah, Jean, Abdelwahab, Esther et Isaac et Naji et Nayla et Walid devenus chiffres comme dans France 1 Brésil 0, catastrophe catastrophe.
Est-ce qu'on peut pleurer des lettres ? Pleurer de tout son alphabet, alphabet arabe, Aleph et Bé, Alpha et beta. Devenir poulpe et éclater en encre. Pour inventer des mots ? Est-ce qu'on peut pleurer des lettres ?

Alors marcher dans la rue. Chercher des mots. Non pas pour apaiser, non pas pour consoler. Non pas pour dire la situation de tout cela, non pas pour parler politique. Surtout pour ne pas parler politique. Au contraire. Utiliser une langue incompréhensible à la politique.

Au journaliste qui me demandait quelle était ma position dans le conflit du Moyen-Orient, je n'ai pas pu lui mentir, lui avouant que ma position relevait d'une telle impossibilité que ce n'est plus une position, c'est une courbature. Torticolis de tous les instants. Et moi Je n'ai pas de position, je n'ai pas de parti, je suis simplement bouleversé car j'appartiens tout entier à cette violence. Je regarde la terre de mon père et de ma mère et je me vois, moi : je pourrais tuer et je pourrais être des deux côtés, des six côtés, des 20 côtés. Je pourrais envahir et je pourrais terroriser. Je pourrais me défendre et je pourrais résister et comble de tout, si j'étais l'un ou si j'étais l'autre, je saurais justifier chacun de mes agissements et justifier l'injustice qui m'habite, je saurais trouver les mots pour dire combien ils me massacrent, combien ils m'ôtent toute possibilité à vivre. Cette guerre, c'est moi, je suis cette guerre. C'est un «je» impersonnel qui s'accorde à chaque personne et qui pourrait dire le contraire ? Pour chacun le même désarroi. Je le sais. J'ai marché toute la nuit à la faveur d'une ardente canicule pour tenter de trouver les mots, tous les mots, tenter de dire ce qui ne peut pas être dit. Car comment dire l'abandon des hommes par les hommes ?

Ébranlés ébranlés. Nous sommes ébranlés car nous entendons la marche du temps auquel nous appartenons et aujourd'hui, encore, l'hécatombe est sur nous. De haine ou de folie Il n'y a que ceux qui crient victoire à la mort de leurs ennemis qui tirent joie et bonheur de ce désastre. Je ne serai pas l'un d'entre eux même si tout concours à ce que je le sois. Alors justement, comment faire pour éviter le piège ? Comment faire pour ne pas se mettre à faire de la politique et tomber ainsi dans le discours qui nous mènera tout droit à la détestation ? Je voudrais devenir fou pour pouvoir, non pas fuir la réalité mais, au contraire, me réclamer tout entier à la poésie. Je voudrais déterrer les mots à défaut de ressusciter les morts. Car ce n'est pas la destruction qui me terrorise, ce ne sont pas même les invasions, non, car les gens de mon pays sont indésespérables malgré tout leur désespoir et demain, j'en suis sûr, vous les verrez remettre des vitres à leurs fenêtres, replanter des oliviers, et continuer, malgré la peine effroyable, à sourire devant la beauté. Ils sont fiers. Ils sont grands. Je les connais. Les routes sont détruites ? Elles seront reconstruites. Et les enfants, morts dans le chagrin insupportable de leurs parents, naîtront encore. Au moment où je vous écris, des gens, là-bas, font l'amour. Obstinément. Je les connais. Ils ont trouvé une manière de gagner qui consiste à perdre et cela dure depuis 7000 ans. Ce n'est pas cela.

L'armée qui envahit mon pays devra un jour ou l'autre se retirer et ce jour-là sera un jour de fête, et demain, vous verrez, d'autres guerres viendront prendre le relais de celle qui nous occupe en ce moment, d'autres attentats, d'autres massacres, d'autres ignominies, d'autres souffrances, renvoyant tout ce qui nous révolte aujourd'hui à l'oubli. Non, ce qui est terrifiant, ce n'est pas la situation politique, c'est la souricière dans laquelle la situation nous met tous et nous oblige, face à l'impuissance à agir, à faire un choix insupportable : celui de la haine ou celui de la folie.

vendredi, juillet 28, 2006

Voilà, le chat sort du sac

J'ouvre Internet Explorer (oui oui, je sais, je ne suis pas encore passé à FireFox...) ce matin sur la page du journal Le Monde et je lis ceci :

George Bush veut déployer "rapidement" une force internationale au Liban

Et ben voilà. Les États-Unis mettent les cartes en place pour occupper leur armée pour encore quelques mois. Que ne vous avais-je pas dis l'autre jour. Si si.

dimanche, juillet 23, 2006

Entendu hier...

Hier avait lieu une représentation du "Petit Gala de l'actualité" du Festival Juste pour Rire, avec P. Verville et C. Hall.

Entendu de la bouche de Hall dans un sketch où il donne des nouvelles artistiques :

J'ai vu l'affiche de Caroline Néron et ça m'a donné le goût d'acheter son CD. Je lui dis "Lâche pas Caroline... arrête pas de faire des affiches"...

Ah ! Si le talent sortait par les oreilles, elle aurait deux totons de chaque bord de la tête...

Sans commentaires...

mercredi, juillet 19, 2006

Lettre d'un lecteur du NY Times

Quand je vous disais que les ÉU et Israël ont une histoire d'amour :

NY TIMES - July 19, 2006

Op-Ed Contributor

Israel Leaves the Scuds Behind

By ZEV CHAFETS
Tel Aviv

ON Sunday my 10-year-old son’s summer camp was shut down; it was judged to be too close to Haifa, too vulnerable to missile attack. Instead, he and his sister are at home in Tel Aviv, busying themselves with yard work.

On Monday, the Israeli Air Force discovered and destroyed a Hezbollah rocket capable of hitting our yard in Tel Aviv. There are said to be many more such rockets in the Hezbollah arsenal. So today, when I sent my son and his 9-year-old sister out to buy gardening gloves and a rake, I first briefed them on what to do in case of a missile attack.

[...]

At least that’s what Sheik Nasrallah thought [qu'Israël ferait n'importe quoi pour éviter les missiles] when his men snatched two Israeli soldiers on the Lebanese border. He figured the new prime minister, Ehud Olmert, would meet almost any price to get the soldiers back peacefully.

Instead, Mr. Olmert attacked. He knew that retaliation would bring on the missiles and rockets, but he evidently thought it was worth the risk.

What Mr. Olmert didn’t know when he gave the order — what the Israeli public itself didn’t know — was that the rockets wouldn’t cause panic. Fear, yes. Caution, too, and some complaining (this is Israel, after all). But, amazingly, most people in even the most vulnerable areas have behaved with something like the sanguine good nature of the British during the Blitz.

What’s different this time? Leadership, in Jerusalem and in Washington.

For Israelis, fighting back made all the difference. We’ve taken Hezbollah’s best shot and we’re still standing. “We will win,” Mr. Olmert told the Knesset on Monday, and this simple assertion became an instant headline and a rallying cry. Mr. Olmert’s confidence is based on military capacity, of course — fully unleashed there is very little the Israeli Army can’t accomplish against Hezbollah (and beyond) — and on his faith that George W. Bush will give him the time and the international support needed to finish off Hezbollah.
And this faith is well placed.

There is, of course, a certain poetic justice in having President George W. Bush help Israel restore the deterrent power President George H. W. Bush undermined in 1991. Unlike his father, this president doesn’t seem to regard Israel as a nuisance. On the contrary, he sees it as a friend and an ally in the fight against Islamic radicalism.

An Israeli victory in Lebanon wounds Hezbollah’s patrons, Syria and Iran, both of which threaten American troops and aspirations in Iraq. It establishes Mr. Olmert as a major figure as he tries to set Israel’s permanent borders in accordance with American policy. And, with any luck, it will make it possible next year for my children to stay in camp for the entire summer.
Zev Chafets is writing a book about Christian evangelicals, American Jews and Israel.

(Zev Chafets is writing a book about Christian evangelicals, American Jews and Israel).

Si vous ne me croyez pas encore, essayez : http://www.prayingforisrael.net/
Cette relation est fascinante... Laissez-moi me pencher là-dessus et je vous reviens...

Va chercher !

Dans un journal du Canada anglais de la semaine dernière, une caricature illustrait Stephen Harper en viste chez M. Bush. Les deux étaient dans le jardin derrière la maison blanche, accompagné du chien du président étatsunien. M. Bush lance le bâton en criant "va chercher" et c'est M. Harper qui le ramène dans sa gueule, le chien n'ayant pas bougé.

C'est un peu cinglant, mais ça illustre pas mal la réaction du PM face à la crise du Liban.

Avant, on avait :

Bush : "il y a des armes de destructions massives en Irak !"
Le monde entier : "mais non voyons... c'est impossible dans l'état actuel du régime de Hussein"
Bush : "il y en a, je le sais."
Le gros bon sens : "puisqu'on vous dit qu'il n'y en a pas..."
Bush : "Que Dieu protège l'amérique contre ces fanatiques religieux" (cherchez le paradoxes).

Désormais on a :

Harper : "les frappes Israéliennes sont pleinement justifiées et mesurée"
Le G8 : "Tuer 170 personnes contre un seul enlèvement, c'est exagéré..."
Harper : "il faut appuyer sans réserve les frappes de l'état hébreu"
Le monde : "il faudrait un peu de retenu, quand même..."
Harper : "les efforts canadiens de rapatriement sont énergiques"

Bref, le même genre de dogmatisme crasse, stupide et aveugle qui conduira Harper dans les mêmes bas fonds où Katrina a entraîné Bush après son "asbsence de réaction" face à la catastrophe. Et face à la crise libannaise, même Bush est plus modéré et on sait pourquoi (voir ma théorie du complot dans ma précédente chronique). Je me demande quand même pourquoi Harper se torche le cul à ce point avec l'héritage de Lester B. Pearson (qui a siégé aux Nations Unies, a inventé le concept des Casques Bleus, a gagné un Prix Nobel de la Paix avant de devenir PM du Canada)...

C'est complètement navrant et politiquement suicidaire (au Québec, du moins). À moins que seule Montréal se préoccuppe de la situation libannaise. On sait déjà que Québec City est conservative au possible. Peut-être se contre-crissent-ils de ce qui se passe outre-atlantique et que le move de Harper a des impacts autres dans le ROC... Il faudrait voir.

D'une manière ou d'une autre, la réaction canadienne (et l'éditorial de Pratte de ce matin, qui dit qu'à l'impossible, nul n'est tenu, l'impossible étant l'évacuation rapide des ressortissants canadiens du Liban dans les conditions actuelle. Si c'était vrai, pourquoi les Pays-Bas, l'Angleterre et la France, qui a envoyé son PM directement sur place) m'exaspère.

Et l'ONU qui parlemente enore...

Savez-vous quelle est la différence entre l'ONU et le Stade Olympique ? Aucune.
Les deux nous coûtent cher, son massifs, immobiles et tombent en ruine.

mardi, juillet 18, 2006

Le Liban

Je fais rarement dans la politique internationale, mais là, je peux plus me retenir : ce qui se passe au Liban m'exaspère.

Problème # 1 : Israël est un État "crissé là" par l'ONU (en 1947 si je ne me trompe pas), au beau milieu d'un bout de terre que les palestiniens - entre autres - pensaient à eux. Résultat : les tribus (désormais des pays) de cette région veulent ravoir leur terre. Et ça dure depuis 60 ans.

Problème # 2 : Israël est, à ma connaissance (qui vaut ce qu'elle vaut en matière de politique internationale) le seul état au monde EXCLUSIVEMENT fondé sur une religion. De l'endroit choisi (la "terre promise") jusqu'au nom du pays ("Israël"), tout est fondé sur la bible. Ne pas prévoir que cela mènerait à des guerres de religions, c'était tout simplement stupide.

Problème # 3 : Israël est un pays à la manière de vivre presque occidentale au beau milieu du moyen-orient. Les É.U. fournissent l'armée à hauteur de 3 G$/année et les politiques extérieures Israélienne et Étatsunienne sont les même, ou presque. Les étatsuniens sont tellement amoureux des israéliens (il faut voir ces marches pour Israël organisées à Washington par des groupes cathos ou les livres du genre "Standing for Israël", écrits par des Pasteurs et vendus à 700 000 exemplaires) qu'on croirait à un état des É.U. hors du continent Nord-Américain. Une si grande proximité avec l'occident dans une région si anti-occident est une bombe à retardement.

Ma théorie du complot

Juste pour avoir l'air aussi freak qu'Amir Khadir qui pense que le 9/11 était un "hoax", voici ma théorie du complot en ce qui concerne le Liban. Mais d'abord, quelques points d'ancrage.

Fait # 1 : La Syrie est dans l'Axe du Mal de l'administration Bush depuis le discours sur l'État de l'Union qui a précédé l'invansion d'Irak.

Fait # 2 : La population fait de plus en plus pression sur son président pour voir l'armée se retirer d'Irak. Or, on ne retire pas 430 G$/année de budget militaire d'une région (et donc une bonne portion du PIB et du financement républicain) se retirer d'une guerre sans l'occupper ailleurs.

Fait # 3 : La Syrie finance le Hezbollah, groupe armée extrémiste présent au Liban.

Théorie du complot : Aux yeux des américains, la Syrie a tous les torts du monde et corrompt le Liban, voisin de son allié naturel, Israël. Les É.U. ont déjà fait l'erreur d'envahir un pays (i.e. l'Irak) sans raison valable et le monde leur en ont voulu. S'il veulent poursuivre leur chasse idéologique aux terroristes, les É.U. auront besoin d'une raison (aussi mince soit-elle). Israël leur en fourni un en simulant bêtement un enlèvement d'un soldat Israélien, justifiant une invasion Israélienne. Les É.U. savent que le Hezbollah est idéologiquement fanatique et qu'ils iront jusqu'au bout s'ils sont attaqués. Ajoutez un Conseil de Sécurité de l'ONU où les É.U. et l'Angleterre ont un droit de Veto et vous avez tous les ingrédient pour une guerre.

Ainsi, je vous parie 10 $ que les É.U. attendent que le Hezbollah fassent un geste extrémiste qui justifiera une attaque totale dans laquelle les É.U. se feront une joie d'entrer.

Finalement, tablez sur le fait que l'amour américain pour Israël compensera le manque de popularité des républicains pour voir remonter la cote du parti de M. Bush dans les sondages.

Ça, c'est ma théorie du complot sur le Liban.

lundi, juillet 10, 2006

Constat

Je parle vraiment trop de politique. Il faudrait ben que je trouve aut'chose à dire...
C'est tout ce que j'ai à dire là-dessus.

Je m'emmerde royalement

Je suis pogné à Toronto (si au moins c'était réellement Toronto... je suis à Aliston, à 145 $ de taxi de l'aéroport Pearson). C'est réellement un bel hôtel, mais il est pas mal tout seul dans son champs de nature...

En débarquant de l'avion, je me suis encore senti comme si je voyageais dans un état américain qui prenait l'argent canadien... Je suis réellement incapable de me sentir chez moi hors de la francophonie. Il y a un mois et demi, j'étais en Belgique et j'avais l'impression d'être à Trois-Rivière, l'accent belge en plus...

Pas de nouvelles du Québec. Pas de La Presse (et encore moins Le Devoir, pensez-vous !), pas de l'Actualité, etc. Des National Post, des Globe and Mail, des nouvelles de McGuinty et de Mr Harper, mais pas beaucoup de Zidane, Charest, Diouf ou Ségolène Royal... (si, Zidane un peu quand même... mais juste un peu...).

La langue est réellement une barrière forte. Les gens ne m'abordent que pour me parler de Montréal. Ils y ont de la famille ou y ont étudier quelques années, à McGill évidemment... Ils sont tous excessivement sympathique, gentils, attentionnés, brillants, etc. Mais ils ne valent pas une Mme Picard de Varennes ou un M. Tremblay du Lac...

Heureusement, il y a Internet. Je lis les fédéralistes qui en remettent toujours plus les uns les autres sur la déclaration de Charest sur TV5 dimanche après-midi ("le Québec a les moyens d'être indépendant, tout le monde s'entend là-dessus"...). Stéphane Dion aujourd'hui ajoute que c'était une évidence, mais que ce n'est pas souhaitable si on veut maintenir notre qualité de vie (en ajoutant du même souffle que ce n'est pas plus souhaitable pour l'Onario et l'Alberta, les deux provinces pourvoyeuses de péréquation canadian)...

Il a suffit que Boisclair reprenne les propos tenus en France par Charest pour qu'une lettre ouverte de Charest paraisse dans La Presse (évidemment), qu'André Pratte fasse une colonne sur le sujet, que Dion s'active... Si ça ne ressemble pas à une tentative de récupération d'une gaffe, je me demande bien ce que c'est.

Pendant ce temps, à Aliston, tout le monde s'en crisse profondément...

samedi, juillet 08, 2006

Des questions

Je lis les nouvelles ce matin et j'apprend que Stephen Hawking (c'est l'homme le plus intelligent que la planète ait connu depuis la guerre ; astrophysicien paraplégique qui résout des équations impossibles dans sa tête uniquement) se pose des questions. Et pas les moindre.

Après le livre "Mal de terre" d'Hubert Reeves (un autre astrophysicien, québécois celui-là), la question posée par M. Hawking est la même que celle de son collègue du Québec : vu l'état actuel du monde (social, moral, environnemental, économique), comment le genre humain survivera-t-il encore 100 ans ?

On posait la question il y a 35 ans, dans le "peace and love" profond, mais c'était plus en réaction à la guerre du Viet-Nam qu'autre chose. Aujourd'hui, ce ne sont pas des hippies dans des communes qui se questionnent, ce sont d'éminents scientifiques qui connaissent une bonne portion des secrets de l'univers. Quand on se questionne sur l'origine du monde (M. Hawking est l'auteur de la théorie du Big Bang), normal qu'on s'interroge sur son futur. Mais pourquoi seuls ces individus - sans grand pouvoir politique, avouons-le - tire la sonnette d'alarme ?

Parce que le politique (et l'économique, parce que les deux vont ensemble, surtout avec la récente élection de M. Calderone au Mexique, poussé par la fraude et les milieux financiers) ne voit à l'échelle d'un mandat, d'une décennie tout au plus (mais comme les électeurs ont souvent des mémoires pas plus longue qu'une semaine, c'est souvent pas mal moins que dix ans, l'horizon de planification politique...).

Le consensus sur l'urgence d'agir sera large et rejoindra toutes les couches de la société, mais les dernières qui seront touchées seront les sphères économiques et politiques. Les actes citoyens pour changer les choses devront se faire individus par individus. Cela ne sera pas simple et sera décourageant à la fois : un geste quoditien, un humain à la fois, n'est pas remarquable. Il ne fera la une des jouraux. Il ne semblera pas peser lourd dans le balancier pour celui qui le pose. Mais c'est la seule voie possible à l'heure actuelle.

La question qu'il faut renvoyer à M. Hawking : la prise conscience individuelle (et collective in extensio) prendra-t-elle plus ou moins de 100 ans à avoir un impact ?

Souhaitons qu'elle sera rapide.