vendredi, mars 24, 2006

Budget 4 : les "missions essentielles de l'État"

Les investissement en santé montent de 6,3 %. De plus de 5% en éducation. Good !

Le problème, c'est la baisse de 2,2 % de tous les autres ministères.

Un État ne doit-il être qu'un médecin et un enseignant ? Et les autres missions de l'État ? N'est-ce pas important de soutenir l'emploi ? De gérer le territoire ? D'entretenir les parcs (mentionnons que seulement 8 % du territoire québécois est protégé...) ?

Je veux bien croire qu'on fait des choix de société, mais fait-on les bons ? Je lance simplement la question. Pour ma part, je peux simplement vous dire que la santé bouffre trop d'argent, de manière absolue. 43 % des dépenses de programmes.

Santé + Éducation + service de la dette = 79 % de dépenses de programmes. Ouch.

Ouias, ouch. Ça sera ma conclusion.

Budget 3 : encore la dette

Je viens de lire un commentaire sur le site de La Presse d'un gars qui se demande "comment ça que la dette monte alors qu'on a l'équilibre budgétaire".

Il y a trois aspects à la réponse :

1- Budget v/s réel

Le budget prévoit que sera beau, que tout sera à l'équilibre. C'est comme ça depuis la Loi sur l'équilibre budgétaire qui a été déposée à l'atteinte du déficit zéro (qui était excessivement nécessaire : voyez les graphiques sous ma chronique "budget 1 : la dette" et la pointe 1997-1998 !). Le problème, c'est que le Québec, ce n'est un Wal-Mart.

On ne peut pas fermer un hôpital comme on ferme un magasin parce qu'il est pas rentable. Et on ne contrôle pas la fluctuation des devises (bien que 90 % de la dette est en CAN$), la croissance économique, le chômage (quoiqu'on essaie...)... Alors entre le budgété et le réel, il y a un monde. Un monde 664 M$ en 2004, par exemple, alors que c'était sensé être une année d'équilibre budgétaire. En fait, la seule fois où on a eu un surplus réel (128 M$), c'était sous Lucien Bouchard si je ne me trompe pas...

Ces manques à gagner en fin d'année sont un déficit qui, par logique comptable, entre dans la dette.

2- Les maudits comptables

Le reste, c'est la faute des maudits comptables. Dans son rapport de vérification des états financiers du gouvernement du Québec 2004, Renaud Lachance, vérificateur général du Québec, reprochait au gouvernement de pas avoir utilisé la comptabilité d'exercice (comme toutes le entreprises font) et d'avoir opté pour une comptabilité de caisse (basé sur le cash qui entre et qui sort).

Ainsi, par exemple, Québec avait reçu 2 milliards de trop en péréquation d'Ottawa en 2004. Si on pense cash (donc comptabilité de caisse), c'est un revenu de 2 milliards de plus que prévu. Si on pense actif/passif (donc comptabilité d'exercice), c'est une dette de 2 milliards de plus, puisque c'est un paiement reçu en trop qu'il faudra rembourser.

Et cette année, le Ministre Audet annonce que l'État québécois va - enfin ! - passer à la comptabilité d'exercice, ce qui vont rendre ses états financiers comparables aux autres États qui utilise cette méthode et qui va rendre une meilleure image des opérations (i.e. ne pas enregistrer une "dette de péréquation" comme un revenu).

Vous me suivez ? En adoptant cette méthode, on "créée" donc 2 millards de dette sans rien faire d'autre que de changer une manière de faire. Ce revenu de 2 millards qui était mal classé (selon Renaud Lachance) en 2004 sera bien classé en 2005. Mais pour y arriver, il faut réduire les revenus de 2004 de 2 milliards et augmenter la dette de 2 milliards en 2005.

Et je ne vous parle pas des amortissements, qui sont des dépenses "fictives" prises pour illustrer l'utilisation des actifs à long terme (en gros...). Ces amortissements ne sont pas des dépenses, des sorties de cash, mais on les enlève des excédents du gouvernement. Donc, si le cash qui rentre moins le cash qui rentre est de zéro (équilibre budgétaire), il tombe sous zéro quand vous enlevez l'amortissement et PAF ! : Hausse du déficit comptable.

3- La "bonne dette"

M. Audet a annoncé le financement de nouvelles immobilisations en transport en commun. Coût : 1,5 G$. Comment il compte financer ça ? En empruntant. Mais là, au moins, c'est de la "bonne dette". Une dette à long terme pour payer des actifs à long terme. Tout ce qu'il y a de normal.

Donc...

Soyez heureux que l'équilibre budgétaire soit atteint, mais ne croyez pas qu'au 31 mars 2007 (la fin d'année financière du gouvernement), les livres vont vous montrer un équilibre parfait. Au moins, se dit-on, on contrôle les dépenses et on limite (beaucoup) les dégats...

Budget 2 : la CAM

Le budget prévoit un crédit d'impôt pour les entreprises qui rembourse la CAM à leurs employés et la non-imposition de l'avantage qui en résulte pour les employés. Hé. Youpi-de-li-dou-laï-laï que c'est l'fun. Oui mais.

Ce qui me bogue avec cette mesure, c'est que les emplyeurs qui mettront cette mesure en place auront tout de même un coût à débourser pour les CAM de leurs employés puisque le crédit qu'ils recevront ne couvre pas 100 % du coût de la carte CAM. Résultat : hésitation à utiliser la mesure de la part des employeurs et certains employés n'en profiteront pas.

Maintenant : quels employeurs utiliseront la mesure ? Ceux qui en ont les moyens, qui sont probablement des entreprises prospère et qui ne ressemble en rien aux "Joe Patates" de ce monde. Ok.

Sauf que les gens qui travaillent pour Joe Patate sont sûrement moins enclins à avoir les moyens de payer leur CAM, contrairement aux gens qui ont des employeurs plus, disons, importants, où les finances vont bien et où les "facilités administratives" n'auront aucune difficulté à intégrer la gestion du nouveau crédit dans leurs activités, au sein du département des ressources humaines.

Résultat : un gars qui fait 60 000 $ chez CGI aura sa CAM remboursée par CGI mais la fille qui travaille au salaire minimum pour un salon de coiffure dans Hochelaga-Maisonneuve, elle, a pas l'employeur qui a les moyens de lui payer quoi que ce soit de plus que le salaire minimum.

L'idéal aurait donc été un crédit d'impôt remboursable (qui favorise autant les gens qui paie de l'impôt que les 40 % de québécois qui en paient pas...) donné directement aux contribuables.

Ceci dit, c'est pas le Pérou, mais c'est déjà un pas dans la bonne direction. Comme tout le reste du budget d'ailleurs : pas incroyable, mais pas sans bon sens non plus...

Budget 1 : La dette

Voilà. Le gouvernement Charest vient de réussir son meilleur coups depuis son élection (enfin !) : il a déposé, par la bouche de M. Audet, son budget 2006-2007 pour l'année financière qui commence le 1er avril. Je vous épargne les grandes lignes du budget, La Presse y a consacré 15 pages (!) dans son édition d'aujourd'hui. Vous êtes assez grands pour lire tout seul...

Non, ce dont je veux vous entretenir aujourd'hui, c'est la très omniprésente dette, qui est au montant de 118 G$ au 31 mars 2005 (projetté). La cible du gouvernement est de la ramener à 25 % du PIB du Québec d'ici 2025 (notre PIB est de 277 G$ et la dette, de 118 G$ pour un ratio de 42,6 % environ, ce qui concorde avec le plan budgétaire 2006-2007).

Tous les médias ne nous parle, depuis hier, du fonds des générations, qui va cumuler des montants d'Hydro-Québec et de redevance sur l'eau (il était temps qu'on charge pour ça !) pour éventuellement rembourser la dette. Le gouvernement veut y mettre 74 M$ cette année, environ 600 M$ l'an prochain et veut y accumuler 30 G$ en 2025 pour mettre contre la dette.

J'ai fais une petite simulation sur Excel et j'arrive à la conclusion que ce ne sera pas difficile à atteindre. Mes hypothèses sont basée sur des tendances (variation de la dette des 20 dernières années = 2,35 % par année en moyenne en plus) ou des sources externes (croissance du PIB de 2 % selon SRC en 2005). En utilisant un taux de 6,1 % (intérêts 2005 / dettes 2005) et le rendement de la CDPQ sur ses placement comme rendement du fonds des générations (9,3%), j'arrive aux conclusions suivantes :

Si on met un remboursement de 2,5 G$ par année durant 20 ans en plus de payer les intérêts ET qu'on utilise le 30 G$ du fonds des générations à la 20e année seulement, on atteint l'objectif. Le fonds nécessite à partir de la deuxième année des sommes récurentes de 1,42 G$, ce qui est faisable.


Remboursement et cotisation au fonds.
Les lignes rouges sur les graphiques sont l'horizon 2025 et la cible de 25 %.

Si on ne rembourse rien au fil des ans sauf les intérêts (ça, on n'a pas le choix) et qu'on applique le solde du fonds des générations à la 20e année, ce solde devra être de 96 G$ et on devra y verser en moyenne 4,6 G$ par année. Cette option est plus coûteuse que la précédente de 680 M$/année.

Uniquement cotisation au fonds, sans remboursement

Finalement, en utilisant des données plus proche du réel (croissance du PIB de 2,4 % (selon Ministère des finances), croissance de la dette de 2 % par année et taux d'intérêts de 6,5 %, on a que l'objectif est atteint au moindre coût en cotisant 1,43 G$/année au fonds et 1,85 G$ à la dette directement.

Ma conclusion : le fonds de Michel Audet (aux dettes... la pognez-vous ?) est ben l'fun, mais si on fait juste cotiser à ce fonds sans mettre rien dans la dette, ça va nous coûter ben plus cher pour venir à bout de l'objectif de 25 % en 2025.

Et encore : la dette ne doit pas nous faire peur et vaut mieux utiliser l'argent disponible pour créer de la richesse (i.e. accroitre le PIB) que pour mettre sèchement dans la dette. Car contrairement à un remboursement de dette, la création de richesse a un impact sur la qualité de vie des gens et a un effet boule de neige. C'est simple : on veut ramener un ratio à 25 % et pour y arriver, mieux vaut accroitre le dénominateur que de réduire le numérateur.

mercredi, mars 22, 2006

Chronique disque

Ah ! Je vous surpends là, hein ? Oui oui, je veux vous parler "disque".

(C'est que demain, c'est le budget Audet 2006 et je sais que je vais vous innonder d'analyses et de réflexions sur les orientations, actions, réactions des médias, réactions aux réactions des médias, etc. Alors je prends une pause aujourd'hui et je passe à quelque chose de léger...)

Donc, hier, lundi 21 mars, sortait le dernier disque de Pierre Lapointe, qui a tout gagné de prix ce qu'il y avait à gagner... Ç'a l'air qu'il lui en reste encore à gagner ! Ce disque est réellement solide, complet, généreux, large, audacieux, intelligent, intemporel par sa poésie, ses mélodies et ses arrangements. Voilà, c'est dit. On hésitait à parler de génie à la sortie du premier disque sous étiquette Audiogram, mais là, réellement, ça devient de plus en plus difficile d'éviter le mot !

En fin de semaine, dans La Presse, Laointe avouait qu'il voulait prouver qu'il ne fait pas que dans la musique française des années 50-60. C'est réussit ! Il nous fait voyager dans le pop, le drum&bass, l'orgue raillée, la guitare électrique, le violon énergique... très polyvalent, c'est un minimum à dire.

Un pas dans la bonne direction

Et je vous vole un punch : le CD est un "CD-plus", qui a des "features" (y a-t-il un terme équivalent en français ?) qui vous invite à devenir membre d'une communauté ou je ne sais quoi et qui vous ouvre un site web dédié, plein de vidéos, textes, archives, communiqués de presse et mini-documentaires.

Je dis : ENFIN ! L'industrie du disque, après le milliard de chansons téléchargées sur i-Tunes en février commence-t-elle à comprendre que 20 $ pour 12 chansons toutes nues, c'est trop cher ? Au lieu de nous "obliger" à acheter des CD trop dispendieux, on commence à y mettre de la valeur ajoutée (comme le CD des Cowboys Fringuants en spectacle où on avait deux disques et un DVD pour environ 20 $...).

Power to the people !

(ouin, décidément, même quand je veux pas parler de politique/social/économie, j'y reviens... je suis mieux d'attendre le budget et me la fermer...)

lundi, mars 20, 2006

Life is a bitch

Pauline Marois se retire. Comment je réagis ? Je m'y attendais, mais après les élections. La dame a tout fait ce qu'il y avait à faire, sauf PM (première ministre... pas "Paul Martin"...). Connaissant trop bien le jardin, elle s'emmerde et n'a probablement plus de défis, d'où son "le coeur n'y est plus". C'est très compréhensible.

Elle a fait beaucoup de grandes choses dans plusieurs ministères. Les garderies à 5 $ (pardon... 7 $), c'est elle. Le R.O.C. et l'UNESCO s'y intéressent. C'est pas rien !

Qu'on soit pour ou contre, de gauche ou de droite, péquiste ou adéquiste, il faut reconnaître la grandeur et la générosité des gens qui se lancent en politique : adieu vie de famille, rénumération généreuse (combien pensez-vous que J. Chrétien ou L. Bouchard font comme avocat de plus que comme PM ?), fin de semaines et vacances... Pour faire de la politique, il faut aimer les gens et aimer les servir (Même Jean Charest lui a rendu hommage en chambre !). C'est malheureusement un amour à sens unique et c'est ce qui tue. On ne se demandera plus, après, pourquoi nos politiciens nous semblent être des sans-coeur : c'est le seul moyen de survivre après que les gens vous l'aient arracher !

On ne me croit pas ? On est incrédule ? Prenez cette brochette de savoureux commentaires du site de La Presse :

For cryin' out loud ! It's about time! Même les dinosaures les plus imposants n'ont pas survécus aux vagues de changements menant à l'évolution - Frédérick

Je suis très heureux de son départ. Elle a contribué à nous mettre dans le trouble financièrement avec ses programmes tel que les Petites enfances [sic], etc. Il est temps que nos dirigeants commencent à chiffrer les couts de leur programme [sic] - PLAM

Il etait temps [re-sic] - Robert


Pis, ça vous tente-tu de vous lancer à la course à la chefferie du PLC maintenant ? Donner 30 ans de votre vie au public pour vous faire cracher dans le visage après ? Comme disait Brel : "AU SUIVANT !".

vendredi, mars 17, 2006

Et tant qu'à parler d'Eminem...

Il faut voir ce clip qui a fait pas mal de vagues aux États-Unis, toujours de Eminem

Licheur de fenêtre

On vient de me faire découvrir le clip de Windowlicker, de Aphex Twins.
Ça vaut vraiment la peine d'être vu (et entendu !).

Et, en passant, si vous avez pas vu le clip "Mosh" de Eminem, ça vaut la peine aussi !

Politique v/s légal

Encore une fois, un débat est créé sur une confusion populaire : politique versus légal. On avait déjà vu ça avec les juges de la Cour suprême, qui prennent maintenant toutes les décisions importantes que les chambres de députés devraient prendre, mais là, ça va faire.

Cette semaine, l'UE a imposé au Montenegro d'obtenir une majorité de 55 % + 1 pour se séparer de la Serbie. Tout le monde crie au loup, mais y a pas de quoi fouetter un chat, et voici pourquoi, selon votre humble serviteur.


La Serbie-Montenegro. Le Montenegro est en vert foncé, en bas à gauche.


Le contexte est inexorablement différent. Le Montenegro veut s'en aller de la Serbie pour joindre l'UE. Comme l'équilibre de l'UE est incroyablement fragile, elle veut à tout prix éviter un soubresault politique de plus. On gère donc le risque. La Serbie, elle, ne semble avoir rien demandé dans cette histoire. Si on comparait ça à chez nous, c'est comme si le Québec voulait se séparer pour avoir sa voie au NORAD et que le NORAD était en crise. Pour éviter que la crise empire, on nous imposerait une majorité plus-que-simple. La justification est politique, pas juridique.

La job des politiciens, pas des juges

La Cour suprême, justement, a habilement retrourné le dossier à nos politiciens d'ici, en parlant de réponse claire à une question claire (une évidence : verrait-on un pays se créer sur une réponse ambigüe à une question pas claire ?). Nos politiciens, au lieu de comprendre le message de la Cour (i.e. "on en a assez de faire votre job, vous êtes élus pour ça, faîtes-la bâtard !"), on décider de comprendre que la décision de la Cour avait une force politique. Là encore, les conséquences du jugement aurait dû être politique.

Une légitimité de la minorité (i.e. 45 % à 50 %) n'a simplement pas de sens en démocratie. On me parlera qu'on ne fait pas un pays à cause d'un gars qui ne va pas voté parce qu'il a oublié ses lunette (dixit Jean Chrétien) et je suis d'accord avec l'argument, qui est politique. Il ne faut pas le transposer en argument légal pour autant. C'est là, selon moi, qu'il y a erreur. L'argument, ici aussi, devrait être uniquement politique.

Mentir n'est pas illégal, mais c'est pas cool. Ne pas se plier à une requête de l'ONU n'est pas strictement illégal, mais c'est mal vu. Gagner un référendum par une seul voie n'est pas une défaite, mais c'est mal vu aussi. Ces trois situations sont "illégitimes" (le terme est un peu fort), mais toutes légales. Me suivez-vous ?

La politique fait les lois, les pays et les partis. C'est l'expression du désir du peuple (de manière simple et grossière, disons). À mon sens, cela va au-delà des lois, qui, par transposition, ne sont que le reflet du désir des gens. Faire passer une loi sur l'avortement par 155 voies contre 153 est légal, mais pas très fort politiquement. Gagner un référendum par 50 % + 1 est légal, mais pas très fort politiquement. Bien entendu, plus le OUI ou le NON sera fort dans le résultat, moins il y aura d'incertitude, mais l'incertitude est une caractéristique fondamentale de la démocratie quand elle s'exprime faiblement.

Fixer les règles ?

Et pour ceux qui me diront que toutes les règles doivent être fixées, je répondrai : welcome to Canada. Quiconque a un peu de notion de droit contitutionnel sait fort bien que rien - rien ! - n'est noir ou blanc, même dans nos institutions les plus névralgiques.

Que fait-on si un gouvernement minoritaire perd un vote de confiance et que le Gouverneur Général refuse de dissoudre la chambre ?
Que fait-on si un gouvernement perd les élections et refuse de démissionner pour laisser la place au gagnant ?
Que fait-on si la Gouverneure-Générale refuse de signer une loi votée légitimement par les députés ?
Qu'a-t-on dit quand le sénat (non-élu, donc sans légitimité démocratique) a bloqué une loi encadrant l'avortement déposée - et votée démocratiquement - par le gouvernement conservateur de Mulroney ?

Alors voilà. Rien n'est noir ou blanc. Dans l'esprit des pères de la confédération (qui est en fait une fédération), c'est la sanction et la colère du peuple qui allait réguler la situation politique dans ces cas nébuleux.

Là aussi, it's all about politics.

Alors cessons s'il-vous-plaît de vouloir monter la barre au-dessus de 50 % + 1 par une loi ou quelque autre artifice. Si le résultat n'est pas clair, là aussi, rien ne sera noir ou blanc. Tout sera politique. C'est complexe et pas toujours le fun, mais c'est ça, vivre dans une démocratie.

mercredi, mars 15, 2006

Manque d'inspiration

Le mal nommé discours inaugural avait lieu hier au parlement. Ça m'a rappeller à quel point M. Charest a une ressemblance avec Lara Fabian : quand il lève la voix, on dirait qu'il est systématiquement en colère et agressé. Alors hier, il a passé une partie de son heure et demie de discours à paraître agressé. Je me suis dit "misère, qu'est-ce qu'on a fait pour avoir un PM comme celui-là"...

Ensuite, au téléjournal, critique de M. Boisclair, qui prend plus d'énergie à bien articuler qu'à se faire comprendre. Et M. Dumont, capitaine sans navire.

Ce matin dans Le Devoir : Stéphane Dion réfléchit encore à se lancer dans la course au leadership au PLC. Et alors je me dis "misère, le problème, c'est pas Jean Charest, c'est toute la classe politique !". Qu'est-ce qu'on a fait au petit Jésus pour qu'il nous des politiciens si drabes ?

En y pensant un peu, je me rappelle cette phrase de Marcel Côté, le trop écouté président de Secor, qui parlait des libéraux du Québec en soulignant qu'ils ont trop agi, en début de mandat, comme des gestionnaires et non comme des visionnaires.

Je suis d'accord (pour un rare fois) avec M. Côté, mais là où le bas blesse (quelle drôle d'expression... avez-vous déjà été blessés par un bas vous autres ?) c'est que c'est ce que le monde y veulent, des gestionnaires. Après des scandales de registres d'armes à feu, des commandites, des dépassement de coût dans le métro de Laval, de la Gaspésia, etc., le monde, y veulent que leur argent soit géré comme du monde. Point.

Le problème, c'est que quand le gouvernement ne fait que plattement gérer de l'argent, le monde y sont plus contents. Y veulent des idées, le monde. Bref, les québécois sont égaux à eux-mêmes : un peu dissipés dans ce qu'ils demandent.

Le problème du politicien gestionnaire prend malgré tout de plus en plus d'importance. Et les politiciens eux-mêmes s'en servent : Jean Charest ne disait-il pas hier qu'il offrait prospérité par opposition à souveraineté (i.e. saine gestion opposé à vision) en tappant sur le messager ("les gens d'en face ne veulent qu'un référendum"). Cela m'amène à deux commentaires :

1- Il est horriblement mal sain qu'un gouvernement ou un parti ait à promettre de bien gérer (et l'oppose à quoi que ce soit d'autre). Tous les partis devraient en partant être de bons gestionnaires de l'État. Ce qui doit les différencier, ce n'est pas leur propension à compter les sous, c'est leur manière de les dépenser, c'est le projet qu'ils proposent au peuple. Je m'inquiète donc quand un parti promet de bien gérer : il oublie la raison même d'être d'un parti politique, c'est à dire porter une vision.

2- Les "gens d'en face sont une quarantaine" (je ne me souviens plus du chiffre exact), mais ils représentent des électeurs et une option que la population appuie. Dénigrer un parti, c'est dénigrer tout un pan de la population. Quand est-ce que les politiciens vont débattre d'idée et non de personnes ? Cessez de frapper sur le messager et démontrez l'invalidité de l'idée !!!

Voilà, en gros, ce que le discours d'hier m'a inspiré. Les politiciens manquent d'inspiration. Est-ce pour remplir ce que le peuple leur demande ou par simple fatigue ou incompétence généralisé ? J'espère que c'est la deuxième option, sinon, on est 7,5 millions de monde plates. Crissement plates.

mardi, mars 14, 2006

Mario !

Commentaire de Mario Dumont sur le mal nommé discours inaugural de Jean J. Charest :

"C'est un peu comme écouter une infopub d'un produit dont on sait déjà qu'il sera défectueux".

Décidément, Mario a beaucoup plus le sens du punch que André Boisclair. D'ailleurs, au jeu des échanges politiques, Michel Vastel proposait ce matin à Indicatif Présent de l'échanger contre Jean Charest lui-même à la tête des libéraux...

La prochaine campagne risque d'être relevée. J'ai déjà hâte !

Entendu sur la première chaîne de la SRC

Dans un débat sur l'identité québécoise, Jean-Claude Germain s'exclame :

"Si l'identité culturelle c'est quelque chose que quand tu sors dehors pis qu'y vente trop, tu la perds, ça vaut pas la peine de la défendre !"

mercredi, mars 08, 2006

Distinct jusqu'au bout des ongles...

Je commence à prendre goût au Journal MIR...
Dans l'Édition de cette semaine, cette perle de François Avard qui fait une chronique sur le port du Kirpan (intitulée "Le port de la scie sauteuse"...) :

Les arguments les plus zoufs ont été entendus pour marquer une virulente désapprobation de ce jugement. Le pire : « Pensez-vous que si j’arriverais (sic) en Iran, y me laisseraient me construire un église ? » Quel argument de marde ! D’abord, qui souhaite s’installer en Iran ? Et pour y construire une église ! ?

Cela me ramène à cette questionque je me suis posé : pourquoi dans 3 autres provinces, les gens se fouttent bien de ce qui peut advenir du port de quoi que ce soit dans les écoles et qu'ici (où la Cour suprême n'a appliqué "que" la même médecine qu'ailleurs au Canada), la réaction est très majoritairement opposée à la décision ?

Ça m'a fait pensé à cet article excessivement capticant publié dans le Devoir de janvier dans les pages IDÉES. Je me souviens plus qui en était l'auteur, mais s'il me lis et se reconnaît, et bien, je veux aller prendre une bière avec toi, chose.

Le papier en question parlait de la "Trudeauisation" du Canada, qui se manifeste le plus visiblement par la Charte canadienne des Droits et Libertés (CCDL) et son application. Avec l'arrivée de la CCDL, en 1982, les canadiens de parttou pouvaient faire invalider une loi seulement par eux-même, pour leur compte personnel (pas exactement, mais disons...). Donc, l'individu a individuellement des droits - et beaucoup ! - et peut s'en servir. Good.

Le problème

Le problème est dans l'idéologie derrière la chose. Dans le ROC, pratiquement aucune fois les parlement n'ont outrepassé la CCDL. Paul Martin l'a ramené sur le tapis lors de la dernière campagne életorale fédérale, disant que M. Harper voulait utiliser la "clause nonobtant" (celle qui permet à un parlement de soustraire une loi à la CCDL). Réaction dans le ROC : un tollé est soulevé. On ne doit pas, à aucun prix, toucher à la CCDL. Au Québec : bof.

D'ailleurs, le Québec a dit "bof" souvent à la CCDL (écoles confessionnelles, loi omnibus de 1982 qui soustrayait toutes les lois du Québec à la CCDL, etc.) et personne ne s'en est offusqué.

Le gardien de la CCDL, c'est la Cour suprême. Si elle dit OUI, le ROC dit OUI. Si c'est NON, le ROC dit NON. Le multiculturalisme s'exprime : tous les groupes (où un groupe peut être un seul individu) ont "droit à leurs droits". Et PERSONNE ne peut rien y faire, surtout pas les politiciens et les parlements.

Pendant ce temps, chez nous...

Au Québec, on est plutôt dans un paradigme d'intégration, pas de multiculturalisme. Il y un courant dominant qui est blanc, francophone, catholique non praticant et un peu chiken sur les bords. Ce courant dominant invite les autres cultures à s'y greffer et intègre un peu de leurs attraits à ses habitudes, et réciproquement. On assiste donc à une lente (mais homogène et stable) modification du courant dominant qui, peu à peu, correspond à la "moyenne mobile" des habitudes de vie et de penser des québécois. On est donc loin du modèle multiculturaliste canadien...

En somme, je crois que le Kirpan est accepté dans le ROC parce que :

1. le ROC adhère à la primauté de la Cour suprême et à ses décision parce qu'il adhère pleinement à la constitution et ce qu'elle représente (i.e. le multiculturalisme trudeauiste) ;

2. il en découle que tous, dans le ROC, il y a de moins en moins de courant dominants et, du coup, la cohésion sociale est très large - et, je pense, de plus en plus mince ;

3. comme il n'y a pas de courant dominant central, il ne peut y avoir d'agression sentie de la part de la population quand on s'éloigne des habitudes "normales" de vie - pour autant qu'il en reste - des canadiens.

Tous ceci ne s'applique pas au Québec, où on est "tissé serré".

Personnellement, j'aime bien notre modèle "tissé serré". Parce qu'une bonne couverture sociale "tissée serré", quand elle est large et durable, peut habriter pas mal de monde... et il fait frette au Québec, alors il faut se serrer fort !

mardi, mars 07, 2006

Martin Luther King et l'avortement

Lu ce matin sur le site web de SRC :

"Dans un communiqué diffusé lundi, le gouverneur Rounds a comparé le combat de son État contre l'avortement à celui mené contre la ségrégation raciale dans les années 1950. Il a précisé que les opposants à l'avortement avaient déjà commencé à offrir d'aider financièrement son État à payer les avocats pour ce combat."

Il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent...

vendredi, mars 03, 2006

Si t'es pas beau, t'es pas forcément laid...

Hier, la Cour suprême a rendu jugement dans l'affaire Multani c. Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, et les médias, en gros, commentent l'affaire en disant que la Cour dit "oui" au Kirpan dans les écoles.

Rien n'est plus faux et voici pourquoi.

À la lecture du jugement (disponible sur www.lexum.umontreal.ca, dans la section de la cour suprême), on voit bien ce que le tribunal décide dans le dispositif de la juge Charron (par. 82) :

"étant donné que G. ne fréquente plus l'école Ste-Catherine-Labouré, il n'y a pas lieu de rétablir le jugement de la Cour supérieure, comme le demandent les appelants. La réparation que la Cour estime convenable et juste consiste donc à déclarer nulle la décision prohibant à G. de porter son Kirpan."

Pour bien comprendre ce dispositif (i.e. la décision finale), il faut voir :

1- qu'ont décidé les commissaire de la commission scolaire ;
2- qu'a décidé la Cour spérieure ;
3- qu'a décidé la Cour d'Appel du Québec et ;
4 - sur quelle base la famille Multani est allé devant la Cour Suprême.

1- Décision des commissaire

L'école avait dit à Gurbaj qu'il pouvait apporter son Kirpan s'il le cachait sous ses vêtements et qu'il le couvrait dans un tissu cousu pour qu'il soit difficilement accessible. Gurbaj - et sa famille - n'ont pas fait de scène et ont trouvé le tout raisonnable.

À ce point de l'histoire, tout le monde est content ("kantan", comme dirait Wilfred).

Mais la commission scolaire a décidé qu'il fallait être plus restrictif. Ils ont demandé que Gurbaj change son kirpan en métal pour un kirpan en bois ou en plastique (en gros). Bien entendu, là, ce n'est plus un kirpan, c'était n'importe quoi. Et la famille a contesté.

Là, la marde pogne.

Le père Multani dépose une demande de jugement déclaratoire (qui demande à un tribunal de déclarer quelque chose. Là, c'était que la décision des commissaire allait trop loin. Le but était de revenir à l'entente que les Multani avait avec la direction de l'école).

2- En Cour supérieure

Nous v'là en cour : la Cour supérieure du Québec (le premier pallier pour une question de "droit commun"...). C'est Mme la juge Grenier qui est au banc.

Elle dit, en gros, que Gurbaj pourra aller à l'école avec son kirpan, pour autant que 6 conditions sont respectées (je ne citerai pas les 6 ici...).

Donc, tout le monde, à ce niveau, serait content.

Mais la marde re-pogne quand le Ministère public pousse ça en Cour d'Appel. (soupir).

3- Et en Cours d'Appel...

La Cour d'Appel fonde son jugement sur la Charte (canadienne et/ou québécoise... les deux sont traité sensiblement de la même façon par les tribunaux...). Article 2b). Liberté de religion.

Il faut savoir que souvent, les cours constatent un manquement à une liberté, mais ce manquement est justifié (l'article 1 de la Charte canadienne permet ça...). Pour que ce soit justifié, il faut, entre autre, que l'atteinte aux droits de la personne visée soit minimal. Au fond, c'est comme dire "on l'sait que ça te fait chier, mais regarde là, on a tout ce monde-là aussi à s'occuper de, alors c'est le mieux qu'on pouvait faire".

Là, le mieux que l'école pouvait faire (et que la cour supérieur trouvait aussi), c'était de cacher et de rendre quasi-inaccessible le kirpan... C'était minimal aux yeux de la Cour supérieure.

Mais pas aux yeux de la Cours d'Appel, qui est allé plus loin en disant que même cousu, le kirpan pouvait être volé et, avec un peu de temps, pouvait devenir accessible. Alors PAF ! : on interdit le machin...

4 - Finalement...

Rendu là, Gurbaj, tanné de se faire barouetté, est parti... dans une école privée anglophone. (bravo pour l'intégration messieurs les décideux-politiqueux-jugeux...).

Sa famille va voir la Cour suprême pour faire annuler le jugement en Cour d'Appel (on reviendrait, si vous suivez bien, avec le jugement de la Cour supérieure, qui prévoit un accomodement...).

Mais comme Gurbaj est même plus à l'école, la Cour suprême peut juste décider si la décision à l'origine du conflit (celle des commissaire, d'obliger à se gosser un kirpan dans un bout de bois) est bonne ou pas. (Relisez le paragraphe en italique, allez !).

On peut juste dire qu'elle est pas bonne.

CONCLUSION

On peut pas dire que la cour permet le kirpan dans les cours d'écoles. Elle annule juste une demande d'une commission scolaire qui allait trop loin par rapport à "l'atteinte minimale".

Mais peut-être que si c'avait été le décision de l'école qui avait été en cause, la Cour aurait dit "ouin, ok, c'est pas une bin grosse atteinte".

Là dedans, personne (personne !) n'a jamais demandé de porter un kirpan sans aucune restriction.

Bref, ce matin, les journaleux sont - encore - dans le champs et le monde régit... pour rien ou pour la mauvaise raison.

La décision, c'est d'annuler une interdiction. Pas une permission.

Si t'es pas beau, t'est pas forcément laid...

mercredi, mars 01, 2006

Catho

Lu sur le site web du Journal MIR :
"Le solidarisme est une forme de néo-catholicisme laïque".

- Normand Lester

Ogilvy

La Presse titre ce matin que le gouvernement de M. Charest* remonte dans les sondages. Ok, mais c'est comme un t-shirt à 400 $ chez Ogilvy qui serait en gros gros spécial à 300 $. Il serait cher quand même...

*Avez-vous déjà remarqué que rarement on appellera un poiliticien ou un gouvernement en utilisant un "Monsieur" devant son nom, alors qu'en Europe franconphone, c'est beaucoup plus fréquent ? Un peu de tenue : il est quand même Premier Ministre, même s'il n'est pas beaucoupé aimé...