vendredi, novembre 17, 2006

Sarko vs Ségo

Ségolène va être la candidate du Parti Socialiste aux prochaines présidentielles française. Elle sera à gauche, une gauche que plusieur disent nouvelle, renouvelée. Elle parle de sécurité, de normalisation de l'immigration, de force militaire. À l'entendre, parfois, on crois entendre une femme de droite, mais il ne faut pas tomber dans le piège : Ségolène est une femme de logique, de pragmatisme et d'idéal. C'est son idéal qui la met à gauche de l'échiquier politique français.

La droite n'a pas encore officiellement élu Nicolas Sarkozy, actuel ministre français de l'intérieur, comme candidat de la droite, mais rien n'indique que l'étoile montante (qui, d'ailleurs, monte à n'importe quel prix) ne raffle pas le vote de droite.

Le duel final : Sarko v/s Ségo. Deux personnes d'idées, à la personnalité haute en couleur, qui ont certaines idées communes, mais beaucoup d'idées divergeantes. Le débat sera des plus intéressant et j'ai, évidemment, déjà hâte de suivre les élections d'avril 2007...

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On est certainement loin des politiciens québécois ou canadiens, fades, peu inspirants et la plupart du temps démagogues ou partisans. Ceci se reflète dans notre très faible enthousiasme dans l'appareil politique québécois et canadien. Les grands débats, comme l'environnement, on est réduit à les imposer à la classe politique, qui refuse d'avoir des idées et de défendre des projets imposants et difficile (70 % des canadiens veulent voir Harper faire plus, alors que son gouvernement affirme qu'il en fait assez...).

On pense donc vite à Harper et sa ministre de l'environnement, qui n'a d'environnemental que le nom. Rarement aura-t-on vu un argument du genre "c'est trop difficile et les gens avant nous n'ont rien fait, alors à quoi bon..." se faire brandir par un gouvernement canadien sur la scène internationale. C'est, au moins, désolant.

Alors que M. De Villepin (que l'on a surtout connu comme ministre des affaires extérieures françaises lors du débat à l'ONU sur l'invasion de l'Irak, aujourd'hui premier ministre de la république) propose une taxe sur les produits importés de pays qui ne respectent pas Kyoto, le Canada recule. Et Nelly Olin, la ministre française de l'environnement, a bien fait de le rappeller à Mme Ambrose.

Cette dernière s'est d'ailleurs vite réfugié dans la diplomatie. "Elle n'a pas à se mêler de politique interne canadienne" a-t-elle dit. Je m'excuse, mais oui. Si tout le monde est politically correct et n'ose pas critiquer le manque d'effort, on mourra tous de réchauffement climatique, mais les relations internationales seront tous excellente. Que préfère-t-on ?

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Encore une grande différence entre les convictions françaises et la mollesse qui est nôtre. Dans notre face cette fois. Et tant mieux. Si ça peut nous réveiller un peu, ça sera ça de fait !

La seule chose que je ne m'explique pas, c'est pourquoi le peuple français, qui a guillotiné son roi, brûler des châteaux, renversé des gouvernements, etc. ne semblent jamais content de sa classe politique (qui n'est pas si mal si on compare à la nôtre où aux américains). Probablement que c'est parce que les français sont exigeant envers leurs élus. Et ils ont bien raison.

Être élu est une grande fonction, un grand privilège, qui doit être accompagnée de l'insurmontable responsabilité de satisfaire aux aspirations du peuple, ou de lui en insufflé quand elle en manque. Les français sont exigeants et leur classe politique répondent à l'appel.

Le peuple québécois (oserais-je dire la Nation québécoise ?) n'est pas exigeante, elle a la classe politique merdique qu'elle mérite. Pour deux raisons :

1- Qui a le goût de répondre à aucune aspiration pour 138 000 $ / année (c'est le salaire du PM) ? Tant qu'à gérer des chiffres et des gens pour boucler des budgets et rationnaliser, on peut aller à la tête d'une banque et faire 10 ou 15 millions de $... Le privé a les vedettes, le public a les restants...

2- Qui a le goût d'exiger quoi que ce soit d'une bande de dirigerants amorphes et fades, sans idées et sans idéaux, pour qui les plus grandes réussites sont des réévaluations à la hausse de Moody's ou des budgets équilibrés ?

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Les français sont financièrement au bord du gouffre. Socialement, c'est pas rose. La question de l'immigration n'est toujours pas réglée. Le Québec, de son côté, va relativement bien. Tout est au beau fixe. Pourtant, dans une France chaotique, il se trouve encore des Ségolène Royal et des Nicolas Sarkozy pour espérer rasasier un peuple des plus exigeants. Ici, pas d'idées, pas d'idéal. Rien. Le vide.

Pourtant, vu les situations sociales des deux pays, ça devrait être l'inverse.

Comment améliorer notre sort ?

1. Donnons-nous un idéal et ;
2. Soyons exigeants envers notre classe politique pour nous y mener, quitte à brûler des voitures et renverser des parlements.

Ayons la rage citoyenne. C'est ce qui nous manque. Tant que nous nous satisferons de ce qu'on nous présente, les choses seront mornes, fades, sans goûts...

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