jeudi, avril 24, 2008

La crise alimentaire : chronique d'une mort annoncée

La consolation cette semaine, c'est qu'il fait beau. C'est toujours ça de pris. En fait, ça fait même un peu peur : on est 10 degrés au-dessus des normales. Ça va être beau en juillet : je prédis qu'on va se taper un 50 degrés. Oui oui.

J'ai reçu la dernière édition de The Economist (ma belle-mère m'a abonné. C'est vraiment excellent...), celle où ils parlent du "Silent Tsunami", la crise alimentaire mondiale. Ce que je trouve con, c'est que c'est un autre autre cas de mort annoncée, un peu comme la crise des subprimes : c'aurait été pas trop compliqué de voir ça venir...

On veut être vert. Fine. Très bonne nouvelle. On veut réduire nos émissions de CO2 (it's about time). Pour y arriver, on va faire de l'éthanol. Pas fou. Petit problème par contre : on ne distingue pas vraiment le maïs de consommation du maïs cultivé dans le but de faire de l'éthanol. Résultat : le début de crise de l'énergie que l'on connaît -- hausse des prix du pétrole, de l'électricité, du gaz naturel, du mazout, etc. -- se répercute maintenant sur le prix de matière commestibles à l'homme : le maïs, le blé, le riz et tous les autres substituts céréaliers.

Très fort. Bravo.

Ici, l'impact ne sera pas trop violent : votre baguette de chez Première Moisson va vous coûter 2.75$ au lieu de 2.30$... Mais au Malawi, par exemple, ou dans n'importe quel pays importateur net de céréal où il y a des habitants qui vivent avec 1$ par jour ou moins (il y en a 1 milliard environ), les céréal sont la base de l'alimentation. Et quand 70 % des revenus d'un ménage va à l'alimentation, vous pouvez imaginer rapidement qu'une hausse de 136 % (hausse du prix du riz depuis janvier) fait en sorte qu'on a soudainement même plus les moyens de manger.
Le président de la Banque Mondiale (Bob Zoellick, pour ne pas le nommer) prévoit qu'au rythme où vont les choses, l'effet de la crise alimentaire anéantira les efforts des 10 dernières années en ce qui concerne la lutte contre la faim dans le monde.

L'effort international pour contrer la crise doit être sans précédent... en fait non. Il y a un précédent : la crise du crédit, qui a fait allonger quelque 3000 milliards de $ à la réserve américaine (la "FED") pour faire survivre des banquiers au bord de la faillte par leur seule faute. Inutile de vous dire que je trouve la chose des plus injuste.

Mais bon. L'Afrique, c'est tellement loin. On verra probablement la même sottise que créée la course aux armements (le budget militaire américain, sans les rallonges budgétaires spéciales pour l'Iraq, suffirait à régler la faim dans le monde ENTIER pendant 7 ANS !).

Sauver Bern Stern, c'est important. Racheter du "junk bond" (et le terme est fichtrement généreux) de Merill Lynch, c'est important. "Redonner confiance au marché", c'est important.
Mais donner quelques sous par jour à des gens -- des millions ! -- qui risquent de mourir, ça, c'est pas mal moins urgent...

Et je vous parle même pas des 2 millions d'américains qui verront leur maison reprise par les banques cette année.

C'est comme ça. On donne aux gens qui ont déjà beaucoup parce qu'ils possèdent tellement que la santé du système financier en entier dépend de leur santé financière à eux. Mais si une famille ici et là fait faillite ou meure de faim, qu'est-ce qu'on en a à cirer ?

Rien.

Et un jour ou l'autre, il faudra bien que la solidarité humaine passe à un niveau international.
D'une année à l'autre -- merci à Internet, en bonne partie -- les choses s'améliorent dans ce sens.

Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres, ou du champs de maïs à l'assiette.

vendredi, avril 18, 2008

La fin de l'immobilisme??

Après avoir passé les derniers jours à parcourir les derniers textes et rapports de nos grands penseurs québécois (i.e. le rapport Castonguay, le rapport Montmarquette, les 15 idées pour un Québec fort de Daniel Audet et la gauche efficace de Jean-François Lisée) il me semble qu’un constat général émerge de façon accablante... Les québécois dorment au gaz! Toutes ces réflexions existentielles pour le peuple québécois n’accouchent jamais. Nous sommes incapables de débattre de manière constructive (on n’a qu’à penser à l'émission « Il va y avoir du Sport », un des seuls lieux de véritable débat au Québec, qui vient d’être retirée par manque d’auditoire).

En me répétant que le Québec avait besoin d'un véritable électrochoc pour relancer les véritables débats de société, une idée folle m'est venue en tête...

Si les politiciens sont trop apeurés pour prendre des décisions difficiles et si le peuple est trop paresseux pour débattre des véritables enjeux, pourquoi ne pas tenir un référendum sur ces questions essentielles que personne n'ose amener sur la table. Pourquoi pas?? Les québécois, les champions des référendums... il me semble que ce serait dans la logique des choses. Cette idée, aussi farfelue qu'elle puisse paraître, aurait néanmoins des avantages tangibles. Cette plateforme garantirait des débats sociétaux à la grandeur du Québec sans que les partis politqiques n’aient à se mouiller. Une fois le vote terminé les gouvernements auraient alors l'autorité morale d'apporter les réformes qui posséderaient alors une légitimité démocratique à l'épreuve des critiques des partis de l'opposition.

Bref, pourquoi n'oserait-on pas être un peu plus créatif en politique. Cette solution originale pourrait potentiellement nous sortir de l'impasse actuelle qui nous condamne à l'immobilisme.

Quelques sujets qui pourraient être intéressant:
1. L'augmentation des tarifs d'électricité ou l'instauration d'une tarification progressive en fonction du volume de consommation jumelé à des remises pour les moins biens nantis.
2. La présence du privé en santé ou l'instauration d'un ticket modérateur.
3. La fin de la sécurité d'emploi dans le public.
4. La concurrence dans les services publics non essentiels.
5. L'augmentation des frais de scolarité jumelé à un ajustement des prêts et bourses.
6. L'instauration de tarifs plus représentatifs jumelés à des baisses d'impôts équivalentes.

Dit moi ce que vous en pensez…

lundi, mars 31, 2008

Sur le Huffington Post

Je vous disais que le Huffington Post est intéressant. J'en ai une preuve de plus : ce billet excellent de Chip Collis :


Top 10 Myths Keeping Hillary in the Race

I have noted a number of myths amongst the comments here as to why Hillary should stay in the race. Here are ten enduring, kudzu-like myths, with the debunking they sorely need.

Myth: This race is tied.

No, actually, it's not. Obama has the lead in number of states won, in pledged delegates and in overall delegates. Nothing will happen in the remaining primaries to substantially change that. As to the one thing Hillary does lead in, superdelegates, her quickly shrinking margin is among DNC personnel only. When you look at the elected superdelegates, Congressman, Senators and Governors (i.e. people who actually work with both Obama and Clinton) Obama leads there, too.

Myth: Okay, the popular vote is tied.

There are people who claim that because of the 3% separation, that Obama's lead in the popular vote is a "statistical tie." This is a myth because, when you can actually count things, there's no need of statistics and no such thing as a margin of error. The popular vote is not an estimate based on a sampling, like a poll. Like the general election, there are winners and losers and, so far, Obama is the winner.

Myth: Fine, but what if we count electoral votes? NOW Hillary is ahead!

Not so much. The proportions of electoral votes to population versus delegates to population are pretty comparable. So if you allocated electors proportionally in the same manner that you allocate delegates, Obama is still ahead. If you allocate them on a winner-take-all basis, then that would be the same as allocating the delegates on a winner-take-all basis, so why bring electors into it?

Myth: But if we did do it like the Electoral College, that proves Hillary is more electable than Obama, because of states like California.

This is perhaps the saddest little myth of all. It's ridiculous to suggest that Obama will lose New York and California to McCain because Clinton won them in the primaries. No, come November, those states will join with Obama's Illinois to provide 40% of the electors necessary for him to win.

Myth: Very well, then, Mr. Smarty-Math. But if we counted Michigan and Florida, THEN Hillary would be winning!

Nooo, she wouldn't. The margin would depend on how you allocate the delegates, but Obama would still be ahead. And he'd still be about 100,000 ahead in the popular vote, too, despite not even being on the ballot in Michigan. However, it would enhance Hillary's chances of catching up in the remaining races.

Myth: Ah HA! So Dean is keeping them out just to help Obama! And Obama is keeping them out.

That's two myths, but I'll treat it like one. The only people who can come up with a solution to this problem are the states themselves, to be presented to the Rules and Regulations Committee of the DNC for ratification. It was Rules and Regs, not Howard Dean, who ruled that Florida and Michigan were breaking the rules when they presented their original primary plans. If the two states cannot come up with a plan to reselect delegates, they can try to seat whatever delegates were chosen in the discounted primaries by appealing to the Democratic Convention's Credentialing Committee, which includes many members from Rules and Bylaws.

Myth: If they don't get seated until the convention but a nominee is selected before these poor people get counted then these states are disenfranchised.

There are two ways to debunk this myth: semantically and practically. The first is based on the word "disenfranchised:" these people have not been deprived of their right to vote. Through the actions of their states, their votes don't impact the outcome. Now, you may say that that is specious semantics (Myth: I do say that!) but practically speaking, this is the usual effect of the nominating process, anyway. All of the Republican primaries since McCain clinched the nomination have been meaningless, but those voters are not disenfranchised.

Florida and Michigan tried to become more relevant in the process by breaking the rules. They risked becoming irrelevant instead.

Myth: Well, I say they are disenfranchised, and Hillary Clinton is their champion.

Only when it suits her. Last fall, when the decision was first made to flush 100% of Michigan and Florida delegates, Clinton firmly ratified it. That was because the typical punishment of only 50% representation also kept the candidates from raising money in those states. Figuring that she would wrap up the nomination handily anyway, the clear front-runner agreed with all the other candidates - including Obama - to completely "disenfranchise" those two states.

Myth: Well, never mind 2007. She's doing more now to bring them in.

Not really. Recent stories in the St. Petersburg Times political blog said that 1) the Obama camp has reached out to the Florida Democratic party about a compromise and that 2) the Clinton camp will discuss nothing else but re-votes, which are legally, practically and politically dead.

Myth: Whatever! Hillary can still win! I know she can! She and her 37% positive rating will sweep through the remaining primaries and Michigan and Florida, winning 70% of everything and superdelegates will flock to her banner and Barack Obama will personally nominate her at the Convention and John McCain will give up and George Bush will even quit early so she can take over and... and... and... can I have a glass of water?

Yes, and you should lie down, too.

****

Cet autre commentaire du HP est délicieux :

"Like Bruce Willis in The Sixth Sense, the Clinton campaign doesn't yet know that it's already dead"

Bon. Je continue ma journée de travaille. Et vous tiens au courant des prochaines découvertes.

mercredi, mars 26, 2008

Le PQ et l'allégorie de la maison québécoise

Bonjour à tous... un petit billet inspiré d'une citation de Joseph Facal pour lancer le bal.

« À plus forte raison quand un groupuscule comme le SPQ Libre [...] travaille activement à dépeindre comme des idées de «droite» des évidences acceptées par les gauches responsables partout ailleurs en Occident. »
J.Facal

Je trouve déplorable qu'il n'y ait pas suffisamment d'énergie mise dans la dénonciation du manque de cohérence de ces groupes idéologiques. Sans verser dans la théorie économique qui répugne une grande partie de l'électorat, je crois qu'il est assez simple d'illustrer notre situation actuelle en prenant l'image d'un ménage québécois:

Dans notre maison qu'est le Québec, il y a deçà quelques décennies, nous avons fait le choix de se procurer certains services pour assurer une qualité de vie appréciable pour tous les membres de notre famille. Parmi ces choix familiaux, on retrouve:
1- Un professeur gratuit pour les jeunes qui désirent s’instruire.
2- Une gardienne pour s’occuper des enfants en bas âge lorsque nous ne sommes pas à la maison.
3- Un médecin de famille et des pansements pour tous ceux qui sont blessés.
4- De l'argent de poche pour les étudiants et pour ceux qui sont inaptes au travail.
5- Et enfin, un homme à tout faire attitré aux menus travaux, à l’entretien et aux ouvrages d’infrastructure de la maisonnée.

À partir du moment où il n'est pratiquement plus possible de payer toutes ces personnes en 2008 étant donné notre situation financière précaire (causée par une augmentation incontournable du salaire de ces ressources et de la concurrence des familles voisines pour se les approprier). Trois choix se présentent donc à nous:

1- Se départir d'une de ces ressources ou d’une partie des services qu’ils nous offrent  (i.e. remettre en cause nos acquis sociaux)
2- Faire appel à de nouvelles ressources à temps partiel qui nous promettent de faire la même chose pour moins cher (mais qui n’ont peut-être pas notre bien aussi à cœur qu’ils le prétendent)  (i.e. faire appel au privé et à la sous-traitance)
3- Augmenter le salaire familial de manière raisonnable sans remettre en cause notre qualité de vie  (i.e. créer des richesses de manière durable et responsable pour faire face à ces coûts grandissants)

À partir du moment où le PQ a fait le choix de ne pas remettre en cause les acquis sociaux et de rejeter l'apport du privé... la réponse m’apparaît extrêmement simple.

mardi, mars 25, 2008

On va reprendre du service !

Wo...

Mon dernier "post" date d'octobre dernier. Voyez-vous, c'est à cause de Facebook. Oui oui. Moi aussi, je suis pogné là-dedans. Beaucoup "d'amis", dont beaucoup que je ne connais pas personnellement, comme Denis Coderre, qui devrait recevoir un prix pour sa présence continue -- continue ! -- sur Facebook. M. Coderre, trouvez-vous une job, misère ! Lâchez votre lap-top un peu !

En 2007, les ordinateurs ont été permis aux communes. On comprend alors un peu mieux...

Mais je ne vous écris pas pour vous parler de M. Coderre ou de Mark Zuckerberg, mais pour répandre la bonne nouvelle (Pâques est tout juste dernière nous, non ?) : ce blogue va reprendre du service.

Je travaille actuellement à ouvrir à d'autres collaborateurs, à trouver une adresse URL moins triviale qu'un (...).blogspot.com et à revamper un peu l'allure très "google" de cette page.

En attendant, quelques adresses pour vous mettre quelques lignes de texte sous la dent...

www.votezpourmoi.qc.ca
Un blog ouvert par mon ami Julien, qui nous parle de la palce du web dans le monde politique -- surtout québécois -- et qui commente la chose. Julien a une expérience relativement grande dans le domaine (il a été responsable de la campagne "web" du PQ lors des dernières élections provinciales... mais ne vous inquiétez pas : le blogue n'est pas un truc partisan...).

http://andrewsullivan.theatlantic.com/
Si vous ne connaissez pas The Daily Dish et que vous suivez la guerre Obama/Clinton, vous manquez quelque chose. Andrew Sullivan tient ce blogue et ajoute des "posts" de manière prolifique. Beaucoup de lien vers des sites externes qui carburent aux actualités.

http://www.huffingtonpost.com/
Arianna Huffington est passée du monde du papier au monde du clavier en fondant ce blogue maintenant considéré comme une référence. Les analyses qu'on y trouve sont éclairée et parfois tranchantes.

http://www.bloghuntingdon.com/
Et comment passer sous silence le site du Maire d'huntingdon, Stéphane Gendron. Un site populiste (qui l'eut crû ?), qui sert souvent au Maire de chiâler à qui mieux-mieux et de se prononcer sur n'importe quoi, de n'importe quelle manière. Mais bon. Ça permet de mettre son cerveau en pause. Alors ça peut valoir la peine... ;-)

lundi, octobre 15, 2007

Excellent éditorial dans le NY Times ce matin

October 15, 2007
Op-Ed Columnist

Gore Derangement Syndrome

By PAUL KRUGMAN

On the day after Al Gore shared the Nobel Peace Prize, The Wall Street Journal’s editors couldn’t even bring themselves to mention Mr. Gore’s name. Instead, they devoted their editorial to a long list of people they thought deserved the prize more.

And at National Review Online, Iain Murray suggested that the prize should have been shared with “that well-known peace campaigner Osama bin Laden, who implicitly endorsed Gore’s stance.” You see, bin Laden once said something about climate change — therefore, anyone who talks about climate change is a friend of the terrorists.

What is it about Mr. Gore that drives right-wingers insane?

Partly it’s a reaction to what happened in 2000, when the American people chose Mr. Gore but his opponent somehow ended up in the White House. Both the personality cult the right tried to build around President Bush and the often hysterical denigration of Mr. Gore were, I believe, largely motivated by the desire to expunge the stain of illegitimacy from the Bush administration.

And now that Mr. Bush has proved himself utterly the wrong man for the job — to be, in fact, the best president Al Qaeda’s recruiters could have hoped for — the symptoms of Gore derangement syndrome have grown even more extreme.

The worst thing about Mr. Gore, from the conservative point of view, is that he keeps being right. In 1992, George H. W. Bush mocked him as the “ozone man,” but three years later the scientists who discovered the threat to the ozone layer won the Nobel Prize in Chemistry. In 2002 he warned that if we invaded Iraq, “the resulting chaos could easily pose a far greater danger to the United States than we presently face from Saddam.” And so it has proved.
But Gore hatred is more than personal. When National Review decided to name its anti-environmental blog Planet Gore, it was trying to discredit the message as well as the messenger. For the truth Mr. Gore has been telling about how human activities are changing the climate isn’t just inconvenient. For conservatives, it’s deeply threatening.

Consider the policy implications of taking climate change seriously.

“We have always known that heedless self-interest was bad morals,” said F.D.R. “We know now that it is bad economics.” These words apply perfectly to climate change. It’s in the interest of most people (and especially their descendants) that somebody do something to reduce emissions of carbon dioxide and other greenhouse gases, but each individual would like that somebody to be somebody else. Leave it up to the free market, and in a few generations Florida will be underwater.

The solution to such conflicts between self-interest and the common good is to provide individuals with an incentive to do the right thing. In this case, people have to be given a reason to cut back on greenhouse gas emissions, either by requiring that they pay a tax on emissions or by requiring that they buy emission permits, which has pretty much the same effects as an emissions tax. We know that such policies work: the U.S. “cap and trade” system of emission permits on sulfur dioxide has been highly successful at reducing acid rain.

Climate change is, however, harder to deal with than acid rain, because the causes are global. The sulfuric acid in America’s lakes mainly comes from coal burned in U.S. power plants, but the carbon dioxide in America’s air comes from coal and oil burned around the planet — and a ton of coal burned in China has the same effect on the future climate as a ton of coal burned here. So dealing with climate change not only requires new taxes or their equivalent; it also requires international negotiations in which the United States will have to give as well as get.

Everything I’ve just said should be uncontroversial — but imagine the reception a Republican candidate for president would receive if he acknowledged these truths at the next debate. Today, being a good Republican means believing that taxes should always be cut, never raised. It also means believing that we should bomb and bully foreigners, not negotiate with them.

So if science says that we have a big problem that can’t be solved with tax cuts or bombs — well, the science must be rejected, and the scientists must be slimed. For example, Investor’s Business Daily recently declared that the prominence of James Hansen, the NASA researcher who first made climate change a national issue two decades ago, is actually due to the nefarious schemes of — who else? — George Soros.

Which brings us to the biggest reason the right hates Mr. Gore: in his case the smear campaign has failed. He’s taken everything they could throw at him, and emerged more respected, and more credible, than ever. And it drives them crazy.

vendredi, septembre 07, 2007

He strikes again... and again

André Drouin, le coloré -- et un peu weird -- conseiller d'Hérouxville, en remet. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir aujourd'hui, il demande au gouvernement d'interdire les accomodements raisonnables de type religieux.

(soupir)

Combien de fois faudra-t-il expliquer au monde ce qu'est un accomodement raisonnable ??? Le cas classique est celui du Sanctuaire sur Van Horne, un ensemble de condos de luxe où un habitant pratiquant une religion qui, si ma mémoire est bonne, est une branche du judaïsme, avait bâti un habit en bois sur son balcon, une soukkah.

Or, le document qui lie les membre du syndicat de copropriété ensemble interdit précisément le fait de construire ou d'installer un élément extérieur (même une coupole pour la télé...).

On voit l'objet du litige. D'un côté, un droit protégé par l'article 2 de la Charte canadienne : le droit de religion. De l'autre, deux éléments : le droit de propriété, protégé par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, de même que la valeur d'une signature d'un contrat, le contrat étant la base de notre système légal civil -- avant même les lois, à moins d'indications contraires expresses.

Deux droits fondamentaux qui s'opposent et où deux parties s'affrontent dans le but de les faire valoir. La cour suprême tranche en cherchant un "accomodement raisonnable", c'est à dire un compromis dans l'application, au cas par cas, des deux droits contradictoires sans que la mise en oeuvre ne nuise déraisonnablement à l'une ou l'autre des parties.

***

Le YMCA givre ses fenêtre à la demande d'un groupe religieux : c'est un événement qui unit deux parties (le YMCA et la communauté juive assidique) où on s'entend sur une solution. Que les gens alentours soient contre ne rend pas le compromis hodieux pour autant. Deux parties se sont entendues sur une solution. Ce n'est pas un accomodement raisonnable. C'est une entente entre deux personnes.

Comme dans le cas de cette cabane à sucre, où le propriétaire avait loué l'établissement à un groupe de Mulsulmans qui, en après-midi, voulaient faire leurs prières. Il a demandé au reste de la clientèle de quitter pour leur laisser la place. Accomodement raisonnable ? non. Décision d'affaire.

Dans les cas où des principes fondamentaux, comme l'égalité homme-femme, sont mis en cause, à l'encontre de principes religieux (comme dans le cas de la police d'Outremont, où les femmes ne peuvent parler aux hommes juifs assidiques), on peut parler d'accomodement raisonnable. Sauf que dans le cas de la police d'Outremont, l'accomodement n'a pas été raisonnable puisqu'il baffouait le droit à l'égalité homme-femme... C'est une mauvaise décision et probablement qu'en cour, "l'accomodement raisonnable" qui aurait été fixé aurait moins choqué... parce qu'il aurait été raisonnable.

Dans certains cas, comme dans l'affaire du Kirpan (de laquelle j'ai abondemment parlé dans ce blogue), le problème résidait dans le "clash" idéologique entre la manière canadienne de traiter l'immigration (le multiculturalisme, l'équivalent de la "non-ingérence, non-indifférence" de Giscard D'estaing à l'égard du Québec, mais au niveau des immigrants) et la manière québécoise (l'intégration culturelle). Mais ça, ça tient du débat socio-légal qui est un cran plus profond que le débat qui nous occuppe dans le cas de mon ami Drouin...

Inutile d'entrer profondément dans les détails. Drouin a dit, à Tout le monde en parle, que le Premier Ministre devrait prendre les moyen qu'il faut pour contourner les Chartes si elles l'empêche d'agir. Une aussi profonde méconnaissance du système légal et politique me laisse croire qu'il ne comprendra pas grand chose à mon propos si jamais il me lit...

vendredi, août 24, 2007

La loi 104

La cour d'appel du Québec a invalidé la loi 104, qui bouchait un trou dans la loi 101. Si t'envoyais ton kid dans une école 100 % privée (20 000 $/année, à peu près), il "gagnait" le droit de s'éduquer en anglais pour le restant de ses jours, de même que ses frères et soeurs.

Bref, pour 20 000 $, tu pouvais contourner la loi 101.

En date du jugement, plus de 8000 élèves étaient inscrits dans ce genre d'école pour cette raison précise. Vous me direz, comme le juge Hilton, que c'est pas beaucoup. Vous me direz que ça remet pas en cause l'équilibre des forces linguistiques au Québec. Vous aurez tort. Lamentablement tort.

8000 élèves, dans un Québec où le salaire moyen est encore autour de 30 000 $/année/personne, c'est BEAUCOUP de monde qui sont prêts à payer 20 000 $ pour contourner la loi. Le Conference Board a publié une étude cette semaine qui nous dit que le statut des francophone a Québec s'est amélioré. L'écart salarial entre un franco et un anglo s'est rétrécie. Mais l'anglo fait encore, en moyenne, 3 ou 4 000 $ de plus par année que le franco... On a fait du chemin, mais on a pas fini de monter la côte.

Dans ce contexte, dire au parents anglos riches ou aux immigrants "si vous payez, vous pouvez vous acheter une meilleure qualité de vie en étant anglos à perpétuité", c'est transmettre le message que, bien que le français soit majoritaire, il est encore économiquement faible. Speak White...

***

J'ai lu le jugement, hier. L'argumentaire du juge Hilton est biaisé (il était avocat d'Alliance Québec, la même job que Brent Tyler, l'avocat des appellants, occupe actuellement). Je m'en crisse qu'il n'y ait pas conflit : il y a apparence de conflit. C'est là tout le problème et ça nuit à l'administration de la justice.

L'argumentaire du juge Dalphond (je suis allé à l'école avec son gars, Alexandre) est expéditif. Il tourne en rond et reprend toute la jurisprudence et conclut, en une ligne, maladroitement, que le critère de proportionnalité de l'arrêt Oaks n'est pas respecté. Je dois avouer que je n'ai pas compris, ni même décellé, d'argument au support de cette phrase, sur laquelle repose pourtant son jugement.

(NDLR : l'arrêt Oaks, c'est celui où la cour suprême a trouver comment analyser l'artcle 1 de la Charte, qui dit qu'on peut passr outre la Charte si le tout se défend dans le cadre d'une société libre et démocratique. L'analyse se fait en trois phases et c'est dans la deuxième phase que le point central se trouve : la proportionnalité. Une fois que l'État a démontré que la cause est juste et noble (i.e. défendre le français), il doit prouver que les moyens qu'il met en place sont proportionnels au but poursuivi. On appelle ça le critère de proportionnalité. Dalphond -- et Hilton -- trouve que l'État a été "excessif" dans ses moyens de préserver la langue en adoptant la loi 104. Le débat n'est donc pas de savoir si la loi fait fi de la Charte, mais de savoir si c'est justifié en vertu de l'article 1...).

***

Lorne Giroux (le 3e juge) a vu juste : il conclut que limiter l'accès aux enfants de parents riches est un moyen raisonnable de protéger le français au Québec.

Je dirais même plus : c'est essentiel. Je vais être un brin démagagogue / économiste / IEDM / Nathaly Elgrably (coeurs sensibles, s'abstenir) et dire ce qui suit : c'est encore plus grave parce que les jeunes qui vont aller étudier en anglais sont riches. Et très riches (20 000 $ par année, calvaire !). Les jeunes qui vont sortir de l'école seront anglos, westmontais, probablement fédéralistes, finiront PDG et auront les moyens financiers et sociaux d'imposer leurs vues... anglophones. Si ces jeunes étaient pauvres (genre HoMa), ils seraient inoffensifs en sortant de l'école (inquiétez-vous pas, j'aime pas ce que j'écris moi-même...)... Le cerle pré-loi 101 sera donc recréé à plus petite échelle. Les gros big shot qui ont l'argent seront anglos, feront les grosses contributions politiques, dirigeront le parlement et nos lois, qui assoupliront la loi 101...

Je sais, c'est fataliste. Mais le Québec est passé par là. Notre plus grand danger à ce chapitre, c'est notre absence de mémoire collective. Duplessis, c'est une circonscription et Jean-Lessage, c'est une autoroute. La loi 101, c'est du folklore. There's no problem here, man. Quebec is a Great place where all nations can communicate... in English if it's easier... Why bother ?

***

Les 18-24 ans ne comprendrons pas l'importance qu'aura le jugement de la cour suprême sur le jugement de la cour d'appel dans l'affaire de la loi 104. Jusque là, ça va. Mais un jour, les 18-24 ans seront députés : il est là, le danger. Si on apprend pas notre histoire, on va se faire avoir par ceux qui veulent la refaire...

Bref : jugement de merde dans une société qui se crisse de ses acquis de manière inversement proportionnelle à son âge.

S'cusez, je suis défaitiste.

Now, if you will excuse me, I have to get back to work. I'm writting an Engagement Letter for a client from Laval, in English, even only one guy in a group of 4 involved speaks English...

jeudi, juillet 19, 2007

L'actualité est nulle

Une du Journal de Montréal samedi : la tombe de Maurice Richard est pas entretenue. Wow. Grosse nouvelle. Celle de Robert Bourrassa aussi. Et de Calixa Lavallé. Et le monument de Patriote... Y 1000000000000 personnes dans ce cimetière-là et y a une grève depuis plusieurs semaines. On s'entend-tu que le gazon pousse PARTOUT et que TOUTES les tombes sont en mauvais état ?

Sérieux, l'été, les nouvelles sont poches. Harper est dans le sud (wou-hou), Charest fait rien, la crise au Liban a un an (on sait qu'y se passe rien quand on fête le 1 an de quelque chose...), Poutine fait des niaiseries de communiste (rien de nouveau là-dedans) et Gilbert Rozon est en criss après Montréal.

Voilà, je viens de résumé TOUTE l'actualité des deux dernières semaines.

***

Je vais faire comme d'habitude et aller puiser l'inspiration chez nos voisins outre-atlantique : la France.

Sarkozy met en branle son plan pour revamper les universités. Semble-t-il que tout est centralisé dans les mains de l'État en France : les budget, les investissements, et même l'embauche des profs... Les universités on zéro autonomie.

Sarko veut changer ça : il veut leur donner des moyens et les faire entrer en compétition contre les grandes universités du monde. Étonnemment, tout le monde est d'accord - même Ségolène ! Le tout devra se faire vite (avant septembre) pour éviter une éventuelle grogne des étudiants... mais même les étudiants ne semblent pas grogner. Surprenant.

Ce qui m'a frappé là-dedans, c'est que pendant que l'administration Sarkozienne donne de l'autonomie aux "unifs", ici, Michèle Courchesne veut leur en enlever. Remarquez, après le fiasco de l'UQAM (qui sera, je vous le prédit, la Gaspésia de Jean Charest), c'est compréhensible... Je pense néanmoins que la solution Courchesne n'est pas la bonne. Les solutions pour améliorer la gestion des universités ne passe pas nécessairement par plus de surveillance de la part de l'État (qui a bien d'autres chats à fouetter), mais par l'amélioration des mécanismes de surveillance au sein même de l'université.

Imaginez une entreprise. Énorme. Des filiales dans 54 pays et 800 000 employés. Le siège social est à New York et tout ça repose, au final, sur les épaules d'une seule personne : le PDG. Tout les maux de la compagnie vont être remis sur le dos du PDG - et c'est bien normal. Qu'est-ce que le PDG va faire pour être sûr que la business va bien aller malgré la distance qu'il y a entre lui et ses 800 000 employés ? Il va déléguer du pouvoir à des cadres qui, eux, sont plus proches des opérations que lui.

Et les actionnaires là-dedans, comment ils font pour savoir que le PDG délègue les bon pouvoir, lis les bons rapports pour prendre les bonnes décisions d'investissement de leur argent ? Il s'en remette au Conseil d'Administration, qui veille aux intérêts des actionnaires. Mais le conseil, c'est pas plus qu'une quinzaine de personnes. Ils peuvent tout faire. Alors ils nomment un vérificateur interne, qui s'occuppe de vérifier tout ce que le c.a. a besoin de faire vérifier : du format des rapports à la hiérarchie de prise de décision en passant par les critères utilisés pour décider d'investir ou pas.

Bon. Prenez mon exemple, remplacez l'entreprise par l'UQAM, le président par le recteur, le c.a. par le c.a. de l'UQAM et les actionnaires par nous-autres, les payeurs de taxes.

Maintenant, disons-nous qu'à l'UQAM, le vérificateur interne ne répond pas au c.a. mais au recteur. Comment voulez-vous savoir si le recteur prend les bonnes décisions si celui qui reçoit le rapport, c'est le recteur. Ç'a une valeur nulle en terme de reddition de compte... Et si le recteur ne donne pas le bon mandat au vérificateur interne, comment voulez-vous qu'ils se penchent sur ce qui lui semble intéressant (par exemple, comment avoir pu dépasser de 100 M$ le budgetd e construction d'un immeuble)...

Et ici, c'est un exemple parmi d'autres.

Le problème est en partie structurel. Ce n'est pas en rajoutant des couches de reddition des comptes que ça va se régler, c'est en s'attaquant aux fondements même de ce qui est déjà en place.

Espérons que dans sa réforme, Sarkozy aura penser à ces "petits détails administratifs"... qui peuvent faire sauver quelques M$... !

vendredi, juillet 06, 2007

De choses et d'autres

D'abord, ce commentaire absolument hallucinant de lucidité lancé sur la chaîne MSNBC :

http://www.youtube.com/watch?v=k1b_XNigJfs

Ensuite, ben pas grand choses... Nos routes font durs (on le savait ça...), Charest et Sarkozy s'entendent bien (tient donc...), Harper a des morts sur la conscience (c'est la moindre des choses) et Jeff Filion doit encore payer.

Les actualités d'ici sont réellement poches. J'essaie alors de me tourner vers des cieux plus clément : je perds mon temps sur FaceBook. J'ai un profil et 116 amis (je pensais pas que j'en avais tant que ça !).

Et c'est le festival de Jaws... pardon... Jazz, et j'en profite. Tenez, hier, je suis allé voir Eleni Mandell, une chanteuse à la voix raillée / sexy / racoleuse / sud-américaine / blues / moderne / pseudo-country / folk (bref, une voix unique...). Excellent show. Elle revient au mois d'octobre et je pense bien que je vais y retourner.

... comme je retourne le 2 août prochain voir ma chanteuse préférée : Émilie Simon. Elle est française (désolé), menue, délicate, débordante d'énergie et excessivement brillante dans ses compositions. Elle a gagné le Victoire de l'artiste de l'année - musique électronique en 2005. Elle a signé la trame sonore du film La Marche de l'Empereur et vient de sortir un DVD live (de même qu'un CD... vous comprendrez que j'ai acheté les deux dès que j'ai su que c'était sorti...).

Et je suis allé voir mon DJ préféré (je suis très choyé...) : Mr Scruff. Au club Soda, vendredi passé. Weird, éclectique et endiablé, comme d'habitude. C'était la 2e fois que je le voyais et je pense que je suis définitivement accro...

***

Bref, un été léger au retour d'un voyage - au Portugal - puis d'un autre - à Rouyn.

J'espère que vous profitez de votre été à Montréal autant que moi !

mercredi, juin 20, 2007

La feuille de papier !

http://www.mediafire.com/?1jdzmytildv

C'est une vieillerie... mais en ces temps de deuxième coffret de Passe-Partout qui sort, c'est bien approprié...

lundi, juin 18, 2007

De retour de vacances

Oui oui, je sais. La dernière fois que j'ai écrit, c'était le 14 mai et on est le 18 juin...

J'étais au Portugal durant deux semaines. Pas une goutte de pluie. Superbes payasages. Du porto réellement extraordinaire (on en a ramené 4 bouteilles ; et on en veut à la SAQ de nous importer des merdes du genre CABRAL ad nauseam...). On a monté sur le plus sommet du pays, puis sur une île à 600 km de l'Afrique et à 1000 km de l'Europe. On a vu des forêts d'eucalyptus, des oiseaux pas rapports, des petits vieux qui trainaient du foin avec des ânes. On a mangé de la dorade, du saumon, du boeuf et de la morue cuits de toutes les manières possibles. On a bu du vin du Dao, du Minho, de l'Alentejo (le meilleur, d'après moi), du vin de Madère. On a longé le Douro, visité une Quinta (là où on fait pousser le raisin pour faire le porto), dormi au son des vagues de l'Atlantique. On a visité des monastères millénaires (bien plus impressionnants que Notre-Dame de Paris), des châteaux de 2 à 3 millénaires, des temples romains. On a roulé 1500 km, pris des sens uniques à l'envers, été incapable de monter des pentes tellement elles étaient abruptes. On a marché 8 km sur un rocher perdu dans la mer, pris le vent sur un sommet où il faisait 5 degrés alors qu'il faisait 30 au niveau de la mer. On a vu des villes en marbres, des arbres en liège, des gens nostalgiques de l'époque où leur pays était à la conquête du monde entier juste avec des bateaux. On a vu des oiseaux-du-paradis qui poussaient le long des routes, des cactus géants triturés par le vent, des paons en plein parc urbain et des petites rues où les ménagères font cuire la morue en plein air.

À mon retour, le 9 juin, on m'a envoyé à Rouyn. Là-dessus, j'en ai pas mal moins à dire...

Rouyn : des arbres, pas grand choses à faire... Pis c'est pas mal ça (bon, ç'a pas l'air, mais j'aime ça Rouyn... C'est super-beau... mais après Funchal, Coimbra, Lisbonne et Porto, c'est une méchante drop...).

***

Revue de l'actualité ? J'aurai de la misère. Je suis en mode vacances encore. La TVQ ? Oui, j'ai vu. Je suis pour qu'on la hausse, mais juste pour équivaloir ce qu'on a perdu avec la baisse de la TPS (n'oublions pas que la TVQ est chargée après la TPS et qu'un % de TPS de moins = 80 M$ pour Québec...).

La santé ? Ben oui, ça va mal. Ça va continuer de mal aller et quand tout va craquer, après une crise politique majeure (rien comparé au mélodrame ridicule du dernier budget), on va collectivement se rendre compte qu'un vieux de 75 ans, ça coûte 17 000 $/année (chiffre véridique) : 4 fois plus que quelqu'un de 45 ans... Ça prend pas la tête à Papineau pour se rendre compte qu'avec le renversement de la pyramide des âges, on court (et vite !) à la catastrophe. Mais les vieux votent, les jeunes votent pas. Les politiciens veulents des votes, alors ils parlent aux vieux et se crissent des jeunes. La priorité des vieux, c'est leur rhumatismes. Résultat : un parti qui veut se faire élire doit avoir comme priorité la santé.

Michael Moore a beau idolâtrer notre système, j'ai bien hâte de voir Sicko pour voir s'il parle des coûts... (quoi que les américains dépensent plus que nous per capita pour la santé aux ÉU... et 43 millions d'américains n'ont aucune forme d'assurance quand même...)...

Mon prof de math du secondaire disait : quand je me regarde, je me désole. Mais quand je me compare, je me console.

Regardons au sud et consolons-nous, les amis. C'est peut-être la dernière manière qu'il nous reste d'appécier ce qu'on a...

lundi, mai 14, 2007

Exposé sur les syndicats

Voilà. Pauline l'a eu... enfin, elle va l'avoir à moins qu'un crinqué dans le genre de Jean-Claude St-André viennent "fucker le chien"...

Hier, conférence de presse, acclamation, "ma chère Pauline, c'est à ton tour...". Deux commentaires :
1- La moyenne d'âge des gens présents était de 64 ans. Au moins.
2- Chanter à Pauline que c'est à son tour, c'est encore démontrer que le PQ est un parti à mentalité syndicale : quand c'est à ton tour, tu y vas. Toi, le jeune, attends. Clause 34 1) ii) de la convention collective.

***

Ça me mènerais à vous parler des syndicats. Je sais pas si je l'ai déjà fait dans ce site web, mais ça me tente. Si vous êtes pas content, allez lire Michel C. Auger, qui reprend l'éditorial de Bernard Descoteaux de ce matin : élire la lieutenant-gouverneur. C'est vrai que c'est une bonne idée. En attendant.

Voilà. Ce qui m'agace avec les syndicats au Québec, c'est deux choses (je susi très binaire aujourd'hui) :

1- La culture de l'ancienneté

C'est injuste, dépassé. Ça empêche tout élan à faire ça job avec plus de coeur, dans l'espoir d'avoir la promotion. Avec une liste où le prochain à avoir la promotion est déjà connu, peu importe sa compétence et son éducation, peu importe la qualité de son travail, de son leadership ou de ses idées, le candidat "désigné" ne fait qu'attendre son tour.

Les conséquences sont graves et vont autant de la démotivations des plus jeunes à la création de managers incompétents en passant par le découragement à se spécialiser. La démotivation, on la voit bien. Pourquoi se forcer en sachant qu'on en tirera AUCUN bénéfice. Faire des heures supplémentaires ne donne UNIQUEMENT qu'un taux horaire plus élevé (temps et demi). Votre bonne performance, même si elle est appréciée par votre patron, ne vous avantagera aucunement. Pire : il se trouve moulte situations où le patron vous dira "j'aimerais bien te donner un horaire plus flexible / une journée de congé / une promotion, mais c'est Gisèle qui est avant toi...".

Le corrolaire, c'est le découragement à s'éduquer. Dans un contexte où les industries primaires s'en vont et où notre capacité à se débrouiller économiquement repose sur nos cerveaux, c'est d'un ridicule consommé. "J'aimerais bien faire une maîtrise, mais mon employeur ne peut me donner une journée d'étude par semaine / je vais perdre mon ancienneté [quel ridicule concept] / je vais être pénalisé sur le choix de mes vacances, etc." Résultat : on donne de l'importance au statu quo, à l'immobilisme, à l'absence de remise en question, si essentielle dans un entreprise "apprenante", concept étudié dans toutes les écoles de gestion depuis 20 ans...

On recule. La fonction "ressource humaine" s'atrophie et l'entreprise dans son entier recule. Dans un contexte régional, où, par exemple, un syndicat national (pensons au syndicat des métalos ou au TUAC, en alimentation) régie l'ensemble d'une pratique pour le pays au complet, ça passe, parce que la concurrence aussi subi les mêmes âneries. Mais quand votre firme est en compétition contre une firme Allemande ou Suédoise, ça compte. Et ça compte drôlement en plus.

En ce qui concerne la management incompétent, ça ne se passe pas dans les "vrais" échelons managériaux, qui ne sont - heureusement - pas syndiqués, mais dans tous les "micros liens de subordinnation" au sein d'une entreprise. Jumelés au principe même de l'ancienneté, une culture du "je suis ici depuis plus longtemps que toi donc ferme ta gueule" s'installe. Alors que la subordination devrait être basé sur la "loi de nature" (je ne vous ferai pas un cours de Jean-Jacques Rousseau, mais on est pas loin de là...), où c'est le leadership naturel qui fait son chemin. Un jeune, inspirant et inspiré, peut très bien diriger des plus âgés. Ça vous embête ? C'est la preuve que la culture de l'ancienneté a fait trop de ravages...

2- La négociation en bloc des conventions salariales

Si tout le monde est supposé être égaux, il est normal qu'ils fassent tous le même salaire. Ça va de soi dans le monde syndical. Le problème, c'est qu'une chaîne ne peut jamais être plus forte que le plus faible de ses mâillons (relisez ça pour le fun. Je suis aller la chercher celle-là !). Un syndicat en négociation qui demande un salaire horaire pour 2000 travailleurs ne pourra jamais partir du niveau salarial correspondant au salarié extraordinaire. Il part d'un "poche bonifié". D'un palier qu'on sait que tout le monde peut atteindre. C'est la loi de la haie de cèdre : quand celle du voisin est trop haute, on ne met d'engrais pour le compétitionner, on appelle la ville pour faire appliquer le règlement municipal et on coupe la haie du voisin. Résultat : la rue est laide, mais toutes les haies sont égales.

Les syndicats sont les spécialistes de la loi de la haie de cèdre.

Mais, me direz vous, comment se fait-il qu'un livreur de bière syndiqué chez Labbatt fait 76 000 $ / année si on a basé son salaire sur un "poche bonifié" ? La grève, mes amis. La peur. Les gros bras. Les syndicats - surtout les cols bleus de la ville de Mourial - en ont aussi fait une spécialité. D'ailleurs, les cols bleus, sous Jean Lapierre (pas le twit de TVA, celui qui a une statue sur Pie-IX) ont déjà défoncé les portes de l'Hôtel de ville avec un bélier. C'est fort. Édifiant.

***

Qu'est-ce que je propose de mieux ? Qu'on s'adapte. Je ne suis pas réactionnaire ni anti-syndical. Des syndicats, ces dernières années, ont réussi de manière brillante à jouer leur rôle premier : représenter les travailleurs. Ceux de Bombardier ont accepté des concessions sur le nombre d'heures pour descendre le prix soumissionné sur une série d'avions qu'une entreprise américaine cherchait à acheter. Embraer faisait concurrence et il fallait réagir. Les travailleurs se sont unis à leurs patrons et Bombardier a obtenu le contrat. Au lieu de résister et de voir les plus jeunes (probablement plus qualifiés, avec des méthodes nouvelles apprises dans les écoles) se faire mettre à la porte faute d'ouvrage, le syndicat a décider de choisir pour tout le monde, de favoriser les jeunes en demandant aux vieux de faire un petit sacrifice. Et ç'a marché.

En Norvège (ou est-ce en Allemagne... ma mémoire me fait défaut), les syndicats négocient toutes les conditions d'emploi, sauf le salaire. Ce dernier est le fruit d'un contrat de travail entre lui et son employeur. "Je pense pouvoir de donner ce rendement, combien penses-tu pouvoir me payer en retour ?". On re-personnalise la notion de rémunération et on laisse une large place au mérite, sans pour autant avoir signé la mort des syndicats...

Il y a donc moyen de mettre une petite dose de mérite là-dedans. De redonner le goût aux jeunes d'étudier pour être meilleur dans leur travail. D'ailleurs, on n'est plus à l'époque où on devait se trouver un emploi uniquement pour faire de l'argent. Désormais, les gens choisissent leur travail pour s'épanouïr. Ça participe à un sain équilibre mental. Est-ce sain de ne pas pouvoir fournir l'effort qu'on veut fournir ? Quoi de plus ridicule que d'empêcher quelqu'un de vouloir bien faire et de s'améliorer ? Par leur mode de fonctionnement actuel, c'est ce que les syndicats font.

***

Le monde syndical est en crise puis une dizaine d'années. Avant, on s'identifiait facilement à son groupe. Le syndicat des électricien était national, large, on s'y reconnaissait en voyant d'autres gens qui utilisaient physiquement les mêmes outils que soi. Lentement, la concurrence, jumelé à la vague des "valeur de l'entreprise" a fait se distinguer les travailleurs de différentes entreprises entre eux. On appartenait d'abord à son entreprise qu'à son syndicat.

Certains syndicats se sont réorganiser en conséquence ("le syndicat des employés de Vidéotron", par exemple). Le point de raliement devenait l'employeur et non la profession ou la tâche. Évidemment, on rendait plus mince le sentiment d'appartenance au syndicat des employés : comment s'identifier autant à un syndicat qu'à son patron dans un référenciel qui est le même, l'entreprise ? Avant c'était facile : entreprise = patron et tâche = syndicat. Cette double équation n'est plus vraie.

L'identification à sa tâche a ensuite pâli. Combien de gens habillés de la même manière avec un ordinateurs, mais ayant des tâches différentes, peuplent-ils les tours à bureau aujourd'hui ? Le processus tend à l'individualisation encore plus.

C'est pire aujourd'hui : on demande aux travailleurs de fournir un rendement peu importe leur situation. On leur donne pagette, ordinateur portable et connexion permanente aux serveurs de l'entreprise. Ils peuvent donc travailler de n'importe où. Ils deviennent des "mini-départements" au sein de l'entreprise. On a décentralisé le management jusqu'à l'individu. Il fait des évaluations personnelles bi-annuelles où il compare sa pensé avec les valeurs de l'entreprise. On intériorise ces valeurs au point où l'employé qui paresse a l'impression de violer ses propres valeurs et non celles de son patron.

Dans un contexte tellement éclaté, les syndicats devront devenir des ressources, des aides, des accompagnateurs, au même titre que les ordres professionnels (d'ailleurs, les situations aberrantes comme celle des infirmière, qui ont un syndicat et un ordre professionnel qui défendent les mêmes membres mais de manière complètement conflictuelle - l'Ordre doit protéger les patient et le syndicat protège ses membres - sont appelées à disparaître. Du moins, c'est mon rêve le plus profond...).

***

Je parle donc beaucoup contre les syndicats, mais qu'on me comprenne bien : j'en ai contre leur refus d'évoluer, alors que ceux de plusieurs pays ont pu renouveller leur culture, leur enracinement dans des manières de faire post-industrielles et leur entêtement à promouvoir le culte du us and them en réponse à l'éclatement de leur modèle d'antan. Au lieu de s'adapter, ils se cramponne (c'est particulièrement vrai avec la CSN, beaucoup moins avec la FTQ).

Dans un pays où 43 % des gens sont syndiqués (alors que le chiffre est autour de 15 % chez nos voisins du sud), un recentrage de la culture syndicale est plus que nécessaire. Sinon, les travailleurs et les employeurs vont en souffrir. Ce qui amènera moins d'impôts, donc moins de services publics...

La réflexion doit commencer. Et vite.

vendredi, mai 11, 2007

(soupir)

Je me rends compte que je n'ai pas encore écrit sur ce qui se passe au PQ. Alors voici :

Le PQ m'exaspère un peu plus chaque jour. Après la mise en scène de Boisclair v/s Duceppe, la démission de Boisclair, les larmes de crocodile de ses députés ("c'est la journée d'André, laissons tomber la poussière"), voici - déjà - une course au leadership, deux jours après l'événement.

Gilles et Pauline vont s'affronter.

Moi, personnellement, mon cheval de bataille, ça serait Legault ou Facal, mais ils sont tous les deux beaucoup modernes et lucides (dans tous les sens du mot) pour être appréciés à leur juste valeur par les avaleurs de chefs du PQ, Yves Michaud et Denis Lazure en tête.

En ce sens, le PQ, c'est un peu comme Michael Crichton, qui a écrit Jurassic Park : on y trouve le moyen de faire revivre les dinosaures qu'on croyait disparus depuis longtemps.

***

J'expliquais à un ami cette semaine, par courriel, que le PQ a deux problèmes fondamentaux et très contradictoires entre eux :

1- Chaque militant pense qu'il pourrait faire mieux que son chef. Plus les militants sont actifs (actif = avoir le temps de militer, beaucoup de temps = être à sa retraite = penser comme le PQ des années '70 = être un dinosaure, la plupart du temps), plus ils en ont vu et plus ils en vu, plus ils pensent avoir la solution à tout les problèmes. Les impératifs d'images, de message public (adressé à des non-militants à 75 % du temps), d'apparence dans les médias et de stratégie à long terme ne leur apparaissent que rarement. Ils sont beaucoup trop pressé de faire un pays, parce que a fait 20 ans qu'ils ne vivent que pour ça. Le peuple est moins pressé qu'eux, et ils l'oublient souvent.

2- Malgré qu'ils pensent être meilleur que leur chef, ils ont un respect incroyable pour le fondateur du mouvement, René Lévesque. D'ailleurs, ils vont passer les chefs un à un jusqu'à ce qu'ils retrouvent un autre Lévesque, mais n'arrivera probablement jamais, et voilà bien le problème. Pour eux, la souveraineté repose sur la force d'un leader, d'un Moïse de la souveraineté, qui va libérer les québécois. Mais la souveraineté devrait être l'affaire de chaque militant. Au lieu de se convaincre entre eux du meilleur messager à avoir, ils devraient se faire eux-mêmes les messagers et convaincre les non-convaincus. Mais c'est tellement plus facile de chercher une figure de proue que de monter dans un poteau pour y installer une pancarte, ou de répliquer à des arguments acerbes...

Paradoxalement, si on demande à chaque militant s'il se trouve plus brillant que Lévesque, il va dire que non. Que c'est un sacrilège de penser ainsi. Pourtant, ils se trouvent meilleur que leur chef et pense pouvoir le remplacer...

Voilà ce qui m'exaspère.

***

Pauline entre dans la course. Elle était là, aux côtés de Lévesque, dans les années '70, ce qui est déjà un problème. Boisclair avait compris que le parti avait besoin de nouveaux membres, plus jeune. Il avait commencer le ménage et recentrer les priorités sur l'éducation (ce qui est une réellement bonne idée dans un contexte de mondialisation gallopante).

Le changement avait commencé et le membership changeait tranquillement. Mais avec Pauline, ça va être le retour des vieux, des illuminés de la go-gauche qui s'amusent à se gonfler des fonds de pension pendant que moi je m'arrage les cheveux à me cotiser des REER pour financer leur crise cardiaque à l'hôpital (d'ailleurs, je vous encourage à lire "les boomers finiront bien par crever", d'Alain Samson).

Un parti qui commençait lentement à recentrer sa cible de "militant cible" va revenir à ses vieux réflexe, qui ne sont plus la meilleur formule pour gagner un référendum...

Et d'ailleurs, en réponse aux chroniqueurs qui se demandaient cette semaine où étaient passé les membres du PQ amenés par Boisclair, et bien ils sont OCCUPÉS. Ils sont sur le marché du travail, à deux emplois, avec de un à deux enfants, essaient de se payer des petites vacances dans un camping de Rock Forest et vont visiter leurs parents le dimanche pour souper. Ils VIVENT et n'ont évidemment pas autant de temps à donner que les vieux militants pensionnés qui font de la politique partisane pour se désennuyer et se rappeller le bon vieux temps de M. Lévesque, quant il y avait juste 6 clubs...

Là réside un autre problème : pourquoi les partis politique donne autant d'attentions aux vieux ?

1- Ils votent beaucoup parce qu'ils sont beaucoup. Tant que la pyramide des âges sera inversée, faire de la santé une priorité sera payant pour un parti politique ; on peut ainsi gagner le vote de toutes ces personnes vieillisantes et malade qui sont inquiètes parce qu'elles ont mal dans leur côté...
2- Parce qu'ils ont juste ça à faire, aller dans les assemblées de partis politiques, où on décide des orientations des partis. On est malade ? On vote pour que le parti mette la santé comme priorité. Pour qui votent les vieux ? Pour le PLQ. C'est quoi la priorité de Jean J. Charest déjà ? Ah oui, la santé...

(je suis en feu, mais vous m'excuserez)

Les vieux sont déjà du bord à Ti-Jean, Pauline. Les vieux péquistes sont encore au PQ. Les jeunes sont partis voir chez Dumont s'ils y sont. Et tu quoi Pauline ? Ils y sont...

***

Et Gilles Duceppe ?

Qui va prendre la relève du Bloc ? Personne ? C'est peut-être préférable comme ça.

On n'est plus à l'époque où 50 % de la populasse était souveraniste et où pouvait se donner le luxe d'avoir deux partis, un à Québec, l'autre à Ottawa. On a appris comment gérer un pays avec le Bloc, tant mieux. Qu'on passe à un autre appel et qu'on vote vert ou NPD.

Les gens du bloc vont être plus utile s'ils retournent au bercail. Les souverainistes ont besoin du plus de monde possible sur leur terrain pour rebâtir, lentement et solidement, leur crédibilité.

Mais Pauline (Québec) et Gilles (Ottawa) vont s'affronter. Au lieu de conjuguer ses forces, les souverainistes vont ENCORE déchirer leur chemise en public et laver leur linge salle sur le front page de la Presse au plus grand bonheur d'André Pratte qui les varlopera un après l'autre, alternativement, à tous les jours, comme une garde partagée...

Mettre l'intérêt supérieur du parti devant ses ambitions personnelles, c'est une chose que Pauline et Gilles ne comprennent pas. Pauline attend son tour, comme une bonne syndiquée. D'ailleurs, le PQ est comme un syndicat : on monte avec l'ancienneté. Exit le p'tit nouveau (Boisclair l'a maintenant compris). Legault ? Mérite pas. Facal ? Trop jeune. C'est qui le next dans la liste ? Pauline, 25 ans de service. Après ? Gilles, 17 ans de service.

Les péquistes, je vous l'annoncer, vont préférer Pauline. La logique est simple : éducation, santé, finance, PM. C'est comme ça que ça marche au PQ. Dans l'ordre. La preuve ? Legault. Il a commencé avec la santé (il est comptable, calvaire, pouvez-vous me dire ce qu'il faisait à la santé ?) pendant que Pauline atteignait l'échelon d'au-dessus : les finances (elle est travailleuse sociale, l'éducation, ç'aurait pas été plus logique ?). Mais le PQ n'y va rarement que pour la compétence, ou pour donner l'impression au public que c'est un parti de pouvoir.

Prenons le PLQ. Orford. Congrès où on dit qu'on est contre la vente de parc publics. Trois mois plus tard, Charest annonce la vente de la montagne. Controverse où on souligne que le PLQ s'est prononcé contre ce type de vente en congrès. Pour clouer le bec aux journalistes, organisation d'un congrès, vote en volte-face et hop ! on permet à son chef de vendre la montagne.

C'est un exemple de putasserie, évidement, mais c'est aussi un exemple de ce qu'un parti de pouvoir est prêt à faire pour ne pas perdre la face, ce que le PQ ne fera jamais. En fait, dans cette situation, si Jean Charest avait chef péquiste au lieu de chef libéral, notre PM serait aujourd'hui M. Couillard et Jean Charest aurait été exilé à la maison du Québec à Paris par son parti.

Pas que j'admire le PLQ, au contraire, je trouve que c'est un parti qui met trop ses intérêts et son goût du pouvoir devant ses idéologie, mais c'est un parti qui est rarement en crise parce que ses militants savent se fermer la yeule une fois de temps en temps, quant c'est le bon moment.

Les péquistes sont exigeants et c'est tout à leur honneur. Ils sont idéologiquement forts et veulent un pays. Fort bien. Si ce n'était d'eux, ils n'auraient pas besoin de chef, j'en conviens. Mais il est de ces réalité dont ont ne peut s'échapper. Nous sommes dans un système parlementaire britannique, où le parti est tout ce qui compte, où la ligne de parti est un atout au parti qui sait la maîtriser et où le 4e pouvoir est dans les mains des journalistes. Ne pas s'avouer tout cela, c'est se mentir.

***

Je ne parle pas encore des problèmes financiers du PQ. Dans le rouge et sur la marge. Ont-ils les moyens d'une course à 9, comme la dernière fois ? (c'était d'ailleurs tout à fait ridicule de donner autant de temps de parole à un Jean-Claude St-André, tout intelligent qu'il soit, qu'à Boisclair ou Marois, les deux seuls vraiment en course...). Non. Ont-ils les moyens d'une course tout court ? Non. Mais c'est propre au PQ : les principes d'abord et la réalité ensuite.

Voilà pourquoi je ne vais appuyer que Legault, l'inventeur de la "gauche efficace" ou Facal, un "lucide" de gauche, qui, bien qu'il soit pour le bien de tous et pour le plus large et meilleur filet social possible, se rend bien compte de la réalité vers laquelle nous nous dirigeons.

Mais on est loin de là, avec ces militants pensionnés, révolutionnaires à la mai 68, socialistes et syndiqués. Leur réalité ne sera jamais la mienne. Et pendant qu'ils pleureront sur les années Lesage et la manifestation du "McGill Français", je vais travailler 60 heures semaines pour leur payer des remplacements de la hanche avant de payer 85 $ pour un examen général.

C'est ça, l'équité intergénérationnelle ?

C'est ça, Pauline Marois / Gilles Duceppe au PQ ?

Réveillez-moi quelqu'un, je dois faire un cauchemar.

***

Ai-je une solution de rechange ? Bien sûr que non. Ou oui, peut-être.

Le PQ ne devrait pas être un parti politique, mais deux. Il ne prendra probablement jamais le pouvoir, mais ses ailes de droites et de gauches iraient chercher des gens à L'ADQ. Peut-être même chez les libéraux les plus nationalistes.

Trois ou quatre partis politiques à l'Assemblée, si la moitié de ces partis sont souverainistes, c'est encore une majorité de partis souverainistes, non ? Une motion en faveur d'un référendum pourrait passer, non ? Les clans souveranistes et fédéralistes, de gauche et de droite, s'uniraient pour la campagne référendaire. Les gens de gauche comme de droite pourraient voter oui ou non. Et faire du Québec un pays serait encore possible. Voire même plus facile.

Mais pour ça, il faut une réforme des institutions, à commencer par se débarasser du concept d'opposition. Avez-vous vu la merde que ça fait à l'Assemblée d'avoir trois partis ? On se bat pour avoir plus de temps de parole que son voisin...

Qui a commencé la chicane ? L'ADQ, le parti du sauveur des peuples, Mario Dumont, qui, en 2003, voulaient en cours pour avoir plus de temps de parole. Il joue maintenant la même mélodie qu'on lui a joué il y a 4 ans. Avec un sourire en coin.

Ce grand démocrate il voulait la proportionnelle se retrouve soudainement dans une position où le vieux système britannique lui sert bien. Parions que nous allons attendre un autre 104 ans avant une modification de nos institutions.

Et bye bye ma solution de rechange.

***

Je pense que je vais aller vivre à Cuba.

Charles Bukowski disait que la différence entre une démocratie et une dictature, c'est qu'en démocratie, on se déplace pour aller voter pour notre dirigeant alors qu'en dictature, au moins, on n'a pas à se faire chier à aller voter...

mercredi, mai 02, 2007

Ça s'annonçait chaud, je ne suis pas déçu

Je suis à TV5 en ce moment et je regarde Ségo dire à Sarko qu'il y a "un processus en place qu'il faut respecter, mais il faut une pause qui est nécessaire" concernant l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Sarko est clair : pas question.

Sur les retraites, une heure plus tôt, Sarko met en place une série de mesures bien précises : rétablissement des retraites "spéciales" à la même durée de cotisations que toutes les retraites (i.e. de 37 à 40 ans de cotisation). On financera le gouffre financier des retraites qui se pointe au tournant de 2020 avec ce rééquilibrage.

Ségolène "met au plancher" les lois actuelles, mais ne les élimine pas. Que signifie donc "mettre au plancher" ? On ne le saura jamais.

La Presse titre que les deux camps se réjouissent. Selon un sondage-éclair de Le Monde, Ségolène gagne le débat selon 52 % des répondants, contre 36,6 % qui pensent plutôt que Sarkozy a gagné. Gérard Courtois, directeur éditorial du même journal, est d'avis que Mme Royale a fait dérapé le débat en ne répondant jamais directement aux questions posées. Laissez-moi à mon tour vous donner mes impressions.

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D'abord, je pense, depuis bientôt 2 heures 30 minutes, à notre débat de la dernière élection au Québec et je ne trouve AUCUNE base de comparaison. J'imagine seulement Nicolas Sarkozy débattre contre Mario Dumont, et je ris intérieurement.

Le débats va sur le fond, sur la forme, sur les émotions, les histoires personnelles, les remarques assassines, etc. Un excellent divertissement, mais un bon portrait des deux protagonistes.

Mon petit résumé du début est mon impression depuis le début et je ne peux m'en défaire. J'ai la solide impression que Sarkozy est clair, précis, incisif. Ségolène utilise constament les mots "concensus", "discussion", "rapprochement", etc. Quand on sait les problèmes qu'a la France, on se dit, vu d'ici, que l'heure n'est p-ê plus à la discussion.

La gauche me déçoit. Un ancrage plus pragmatique aurait été possible sans vendre à rabais les idéaux de gauche. Ce défaut, je pense, est brillament récupéré par l'UMP de Sarkozy, qui met de l'avant des mesures précises, facilement identifiable, qui prennent en compte la dépense et le financement à la fois.

Aussi : 1 minute de discours de Nicolas Sarkozy vaut 4 minutes de Ségolène Royal... Ségolène, c'est la André Boisclair des Français : beaucoup de mots, de superbes principes, mais tellement peu de moyens concrets qu'on se décourage. On a le goût de crier "Hé ! Comment tu penses faire ce que tu dis sur le terrain ???". On sait qu'il faudrait écouter encore quelques heures avant de se faire une idée, mais c'est tellement vague et floue (et que dire de leurs tonalités respectives !) qu'on sait qu'on ne se rendra pas jusqu'à deux phrases plus loin dans notre écoute...

Ouin. C'est peut-être un parallèle entre les Français et nous...

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Je me suis rongé les sangs pour savoir comment je voterais si j'étais français. Je me considère de gauche, mais de gauche efficace, qui passe par la droite pour mettre en place des mesures qui élève le bien commun au-dessus du bien particulier. Mais je ne peux m'empêcher de constater que je deviens Sarkoziste.

Droit, direct, clair, concis, chiffré (j'adore les arguments chiffrés). Il semble limpide.

Après tout, la France ne va pas élire son meilleur ami, ni choisir son beau-frère : elle va choisir son Chef. Et un Chef dirige, va de l'avant et propose. Il brasse la cage et demande de se la faire brasser. Sarkozy fait tout ça. Ségolène, elle, semble être celle qui va écouter durant 5 ans et demandera un autre mandat pour mettre en oeuvre des solutions aux doléances qu'elle aura écouté.

Et la France n,a pas cinq années de plus à perdre.

Je voterais Sarkozy. Et je l'assume.